Site d'informations générales

LIMITATION DES INSTITUTIONS DE LA REPUBLIQUE : DR FAYA MILLIMONO DEMANDE LA SUPPRESSION DE LA HAC ET PLUSIEURS AUTRES INSTITUTIONS

A la veille de l’élaboration de la nouvelle constitution guinéenne– la sixième depuis l’indépendance du pays-, les acteurs sociopolitiques ne manquent pas de propositions pour donner leur avis sur ce à quoi devrait ressembler la future constitution. Parmi les entités qui se sont bousculées aux portes du Conseil national de la transition-CNT- pour faire savoir leur proposition, figure la Coalition politique pour la rupture (CPR). Néanmoins, tout laisse à croire que cette sortie n’a pas eu de redondance au niveau des médias. Raison pour laquelle, la coalition a décidé cette fois ci, d’animer une conférence de presse pour revenir largement sur son passage au CNT le 16 mai dernier et au cours de laquelle il a demandé la suppression de la HAC et de plusieurs autres institutions.

Lors de cette rencontre avec la presse, qui a eu lieu ce mardi 6 juin à Conakry, la CPR est longuement revenue sur ses propositions pour la future constitution du pays. Et surtout l’une des propositions qui la tiendrait à cœur est la limitation du nombre des institutions de la république. Selon le président de ladite coalition, Dr Lansana Faya Millimono, le pays dispose beaucoup plus d’institutions qu’il n’en faut. De surcroit, elles sont pratiquement toutes logées dans des édifices privés et coûtent excessivement chères au contribuable guinéen.

Il rappellera que « lorsque Lansana Conté mourrait en 2008, il y avait une constitution en place », avec laquelle, « au niveau de la hiérarchie supérieure du pouvoir judiciaire, il y avait une cour suprême à l’intérieur de laquelle il y avait des chambres qu’on appelait chambre constitutionnelle, chambre administrative, chambre économique ».

Poursuivant, il expliquera que dans la constitution de 2010, ces mêmes chambres ont été érigées en institutions. « L’innovation qu’on a fait en 2010, c’est de sortir ces chambres à l’intérieur de la cour suprême pour en faire des institutions à part entière. Sans même, en ce moment, se poser la question (de savoir) si l’Etat guinéen avait des bureaux pour abriter ces institutions », dira-t-il. Avant de s’interroger : « aujourd’hui, le Conseil économique social et environnemental-CESE- est logé où ? La médiation de la république est logée où ? La commission électorale nationale indépendante-CENI- logée où ? La cour constitutionnelle logée où ? La Cour des comptes logée où ? ». Le leader politique s’indignera ensuite du fait que « toutes ces institutions soient dans des édifices privés et coûtent les yeux de la tête au contribuable guinéen…».

Eu égard cette situation, Dr Faya Millimono préconise  de « diminuer le nombre d’institutions républicaines en Guinée ». Pour ce faire, il dira opter pour un certain nombre d’institutions. Ainsi parmi les institutions à conserver, il citera la Présidence de la république, l’Assemblée nationale, le Gouvernement, la Cour suprême, la Haute autorité du contrôle des institutions (à créer), le Conseil national des collectivités, le CESE.

En revanche, le président du Bloc libéral (BL) estime qu’on peut supprimer la Cour des comptes, les cours constitutionnelles. « On peut remettre les cours constitutionnelles et cour des comptes dans la cour Suprême et limiter le nombre de juges », suggère le politique. D’après lui, « ce n’est pas en ayant une cour constitutionnelle de 30 ou 40 membres que nous allons avoir une justice ». Car « il y a des pays, révèle-t-il, qui ont une économie qui fait le quart de l’économie mondiale mais qui n’ont que 7 voire 9 juges à la Cour Suprême ».

Egalement, il pense que la Haute Autorité de la Communication-HAC, organe de régulation de la presse et le Haut commissariat des droits de l’homme devraient être des organes de veuille et non des institutions.

« Nous avons aussi pensé, même si ça va un peu heurter nos amis de la presse, que la HAC devrait avoir une autre dénomination. Ça devrait être un organe de veuille mais pas une institution républicaine. C’est la même chose nous pensons du Haut commissariat des droits de l’homme qui devrait être à l’intérieur de la justice et des droits de l’homme comme un organe de veuille », indique Dr Faya Millimono.

Samory Keita pour kibanyiguinee.info

 Tél : 622 20 95 90