Dans les jours ou mois à venir, un procès contre l’État guinéen pourrait voir le jour suite à la tragédie survenue au stade 3-Avril de Nzérékoré le 1er décembre 2024, selon un collectif d’ONGs de défense des droits de l’homme.
Dans un rapport présenté ce vendredi 14 février 2025, à Conakry, le collectif des organisations de défense des droits de l’homme annonce un bilan presque trois fois plus lourd que celui officiel, résultat de plusieurs jours d’enquête sur le terrain.
Après avoir visité les 22 communes urbaines, 15 districts et autres sous-préfectures de Nzérékoré pour échanger directement avec les victimes et leurs familles, le collectif présente un bilan qui pourrait mettre l’État dans une position délicate si les chiffres se confirmaient. Ces chiffres contredisent largement le bilan officiel de 56 morts annoncé par le gouvernement.
Selon l’enquête, 156 personnes ont été touchées par la tragédie au stade 3-Avril de Nzérékoré, incluant 140 morts, 11 disparus, plusieurs blessés graves et d’importants dégâts matériels.
Le collectif révèle également qu’une sensibilisation aurait été faite par certaines autorités morales, religieuses et administratives, demandant aux victimes et à leurs familles de ne pas se faire enregistrer ni même de communiquer sur les événements.
Ce message aurait eu son effet, car plusieurs victimes et parents ont affirmé s’en remettre à la volonté divine, déclarant : « Il faut s’en remettre à Dieu ».
En revanche, 98 autres personnes réclament justice. Un groupe d’avocats pour la défense des droits des victimes de la tragédie de Nzérékoré a déjà été constitué, avec l’intention d’intenter un procès contre l’État guinéen.
Parmi ses nombreuses recommandations, le collectif d’ONGs demande au gouvernement l’ouverture d’une « enquête judiciaire afin d’organiser un procès juste et équitable pour la manifestation de la vérité dans un bref délai ».
Le collectif rappelle que cette tragédie a eu lieu lors de la finale du tournoi de football doté du trophée du président de la transition, Général Mamadi Doumbouya. Les causes identifiées incluent, entre autres, le défaut d’arbitrage, l’usage excessif de gaz lacrymogène par les forces de défense et de sécurité, les jets de pierre, la bousculade et la non-assistance à personne en danger.
Sidafa Keita pour kibanyiguinee.info