La forte pluie qui s’est abattue sur Conakry dans la nuit du 30 au 31 juillet 2025 a provoqué des inondations meurtrières et d’importants dégâts matériels dans plusieurs quartiers de la capitale guinéenne. Le dernier bilan provisoire fait état d’au moins sept morts, de plusieurs personnes portées disparues et de nombreuses habitations effondrées.
Quelques jours plus tôt, le 28 juillet, les autorités avaient présenté un premier rapport mensuel faisant état de 15 décès et de plus de 1 200 personnes affectées par les intempéries depuis le début de la saison pluvieuse. Alors que les familles peinent encore à faire le deuil de ces pertes, un nouvel épisode dramatique est venu frapper la ville.
Les précipitations nocturnes de ce 30 juillet ont été particulièrement destructrices. Le bilan, bien que non officiel, fait état d’au moins sept morts, six disparus et de nombreux dégâts matériels dans plusieurs quartiers.
À Simambossia, dans la commune de Ratoma, une mère et ses trois enfants ont perdu la vie lorsque leur maison s’est effondrée sous la pression des eaux. Le père de famille, malade, est le seul survivant de ce drame.
« Je me suis battu pour sauver les enfants, mais… je n’ai pas pu », confie-t-il, bouleversé. Il raconte que c’est au moment où il appelait ses enfants, piégés dans leur chambre, que le mur s’est effondré sur eux. Les enfants, âgés de 3 à 17 ans, étaient encore coincés lorsque le drame s’est produit. Deux d’entre eux sont toujours portés disparus.
À Sangoyah, dans la commune de Matoto, deux frères ont également trouvé la mort. Selon les témoignages, Salif Sangaré (11 ans) et Alpha Camara (20 ans) ont été surpris par les crues et ont péri dans l’effondrement du mur de leur concession.
À Enta-Marché, dans la zone de Tombolia, les autorités locales signalent deux décès et quatre disparus, sans pour autant fournir l’identité des victimes. Les recherches se poursuivent dans ce quartier particulièrement touché par la montée des eaux.
Parmi les victimes figure également un haut cadre de l’administration guinéenne. Ibrahima Kalil Keira, Directeur Général Adjoint de l’Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques (ANSSI), avait été porté disparu dans la nuit du 30 juillet. Son corps a été retrouvé ce jeudi sur les berges de l’océan Atlantique à Nongo, près d’un chantier. Sa voiture personnelle a également été localisée à proximité du lieu de la découverte.
Depuis la fin du mois de juin, Conakry subit des pluies diluviennes à répétition. De nombreux quartiers, notamment ceux situés dans les zones basses, sont régulièrement inondés. Les dégâts matériels sont considérables et le bilan humain ne cesse de s’alourdir.
Face à cette situation, les habitants appellent à une réaction urgente des autorités en matière de drainage, de prévention des catastrophes naturelles et de relogement des familles sinistrées.
Fatoumatou Camara