Déclaration de patrimoine : Mamadi Doumbouya pose un acte constitutionnel fort sous le regard de la Cour suprême
Conakry, le 22 janvier 2026. Cinq jours après son investiture régulière, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a procédé au dépôt officiel de sa déclaration de patrimoine auprès de la Cour suprême. Un acte à la fois juridique et politique, hautement symbolique dans l’architecture constitutionnelle guinéenne.
Cette démarche s’inscrit dans le strict respect de l’article 60 de la Constitution, qui impose au président de la République l’obligation de déclarer ses biens dans un délai de dix jours suivant son entrée en fonction.
En se conformant à cette exigence constitutionnelle, le chef de l’État satisfait à l’un des premiers actes de redevabilité prévus par la Loi fondamentale.
La cérémonie s’est déroulée devant le Premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, qui a procédé à la lecture officielle de l’acte de dépôt. Celui-ci atteste avoir reçu, le 22 janvier 2026, la déclaration écrite sur l’honneur des biens du président de la République, régulièrement investi le 17 janvier 2026. Le document, remis sous pli fermé et scellé, a été enregistré sous le numéro 001, conformément aux procédures en vigueur.
Sur le plan juridique, cette déclaration constitue une garantie de transparence patrimoniale et un instrument de prévention de l’enrichissement illicite. Conservée par la Cour suprême dans des conditions strictes de confidentialité, elle ne peut être consultée que dans les cas et formes prévus par la loi. L’acte vaut preuve formelle du respect de l’obligation constitutionnelle et engage la responsabilité personnelle du chef de l’État quant à la sincérité des informations fournies.
Politiquement, ce geste revêt une portée significative. Dans un contexte où la gouvernance publique et la lutte contre la corruption figurent parmi les attentes majeures de l’opinion, la déclaration de patrimoine du président apparaît comme un signal adressé aux institutions, à la classe politique et à l’administration. Elle rappelle que le sommet de l’État est soumis, au même titre que les autres responsables publics, aux exigences de la Constitution.
Au-delà de la formalité juridique, cet acte pose les bases d’une gouvernance fondée sur l’exemplarité et la soumission du pouvoir exécutif à l’État de droit, principe cardinal de la République.
Sidafa Keita