Après deux ans de mise à l’écart : Dr Bernard Gomou et Alphonse Charles Wright de retour à des fonctions clés
Après près de deux ans d’absence des cercles décisionnels, Dr Bernard Gomou et Alphonse Charles Wright effectuent leur retour au sein de l’appareil d’État. Leur nomination a été officialisée à travers une série de décrets lus ce mardi 3 février à la télévision nationale. Un retour perçu comme la fin d’une période de disgrâce consécutive à la crise gouvernementale de février 2024.
Ancien Premier ministre, Dr Bernard Gomou a été nommé conseiller principal à la présidence de la République. À ce poste, il intègre le cabinet présidentiel, avec pour mission d’apporter des conseils techniques et stratégiques au chef de l’État dans la conduite de l’action publique. Cette fonction marque son retour au cœur de l’exécutif, après avoir été tenu à l’écart à la suite de la dissolution du gouvernement qu’il dirigeait.
Alphonse Charles Wright, ancien garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, a quant à lui été nommé président de la Cour d’appel de Conakry. Il prend ainsi la tête d’une juridiction de second degré, chargée de connaître des recours contre les décisions rendues en première instance par les tribunaux et cours du pays.
Les deux hommes avaient quitté leurs fonctions dans un contexte de forte tension institutionnelle. Le bras de fer qui les opposait, alors qu’ils occupaient respectivement les postes de Premier ministre et de ministre de la Justice, avait profondément affecté le fonctionnement du gouvernement. Cette crise interne, devenue publique, avait conduit le président de la République à dissoudre l’ensemble de l’équipe gouvernementale en février 2024, ouvrant une nouvelle phase de la transition.
Depuis cet épisode, Bernard Gomou et Alphonse Charles Wright avaient été écartés des responsabilités officielles. Leur retrait de la scène institutionnelle avait marqué une rupture nette avec leur trajectoire antérieure, caractérisée par une ascension rapide au sein de l’appareil d’État. Pendant cette période, les deux anciens responsables se sont faits discrets, sans occuper de fonctions formelles au sein de l’administration.
Au fil du temps, ils ont toutefois refait surface lors de plusieurs séquences politiques majeures, notamment à l’occasion des consultations électorales organisées dans le cadre de la transition. Leur présence lors d’activités de mobilisation et d’actions politiques a été observée, traduisant un repositionnement progressif dans le paysage public, sans pour autant déboucher immédiatement sur des nominations officielles.
Leur retour aux affaires intervient désormais dans des cadres distincts. Contrairement à leur précédente collaboration au sein du même gouvernement, les nouvelles fonctions qui leur sont confiées les placent dans des institutions différentes, relevant respectivement de l’exécutif et du judiciaire. Ce choix institutionnel semble marquer une volonté d’éviter toute recomposition similaire à celle qui avait précédé la crise de 2024.
La nomination de Dr Bernard Gomou à la présidence de la République s’inscrit dans une logique de renforcement du cabinet présidentiel par des profils disposant d’une expérience avérée de la gestion gouvernementale. Son rôle de conseiller principal le place au cœur des processus de réflexion et d’orientation stratégique, sans responsabilité opérationnelle directe.
Pour Alphonse Charles Wright, la désignation à la tête de la Cour d’appel de Conakry marque un retour à l’univers judiciaire. Magistrat de formation, il avait exercé au sein des juridictions avant son entrée au gouvernement. À ce poste, il sera chargé de superviser l’activité de la Cour et de veiller au traitement des dossiers soumis à cette juridiction.
Ces nominations traduisent un repositionnement de deux figures marquantes de la transition guinéenne, longtemps restées en retrait après une crise institutionnelle majeure. Elles s’inscrivent dans le cadre des prérogatives du chef de l’État et illustrent l’évolution des équilibres au sein de l’appareil d’État, à un moment clé du processus politique en cours.
Samory Keita