Mouvement politique : le Mouvement des réformateurs de l’UFDG au bord de l’implosion ?
Né il y a à peine huit mois, le Mouvement des réformateurs de l’UFDG semble déjà à bout de souffle. Présenté à son lancement comme une alternative interne capable de refonder l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le mouvement peine aujourd’hui à exister sur l’échiquier politique national. Sur le terrain, les signaux sont peu rassurants et la dynamique initiale paraît s’être progressivement dissipée.
Fin mai 2025, la scène politique guinéenne enregistrait la naissance officielle du Mouvement des réformateurs de l’UFDG. Issu du Cercle des amis de Gaoual (CERAG), le mouvement rassemblait essentiellement des cadres exclus ou marginalisés de l’UFDG, porteurs d’un discours critique vis-à-vis de la direction du parti dirigé par Cellou Dalein Diallo. Comme toute initiative de ce type, il affichait de fortes ambitions et promettait une profonde transformation interne.
Lors de son lancement à Conakry, face à un parterre de journalistes, les fondateurs dénonçaient l’éloignement de l’UFDG de ses valeurs démocratiques et pointaient ce qu’ils qualifiaient de « dérives autoritaires » de la direction. Estimant le parti à la « croisée des chemins », ils appelaient à l’instauration d’une nouvelle dynamique afin de lui permettre de « retrouver sa vocation première ». Leur feuille de route était claire : retour aux fondamentaux de démocratie, de justice et de liberté, renouvellement du leadership au sommet et révision des statuts ainsi que du règlement intérieur.
Huit mois plus tard, le constat est amer. Aucun des engagements annoncés n’a été concrétisé. Pire, plusieurs figures influentes du mouvement ont décidé de jeter l’éponge. Des initiateurs du projet ont quitté le navire, fragilisant davantage une structure déjà affaiblie.
Ces départs ont profité à l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée, (UDRG), dirigée par le Premier ministre Bah Oury, formation que certains regardaient pourtant avec réserve il y a encore quelques mois. Dans une récente sortie médiatique, le porte-parole du mouvement, le Pr Lamarana Pety Diallo, a tenté de relativiser la situation, affirmant que « le Mouvement des réformateurs se porte tant bien que mal ». Il a toutefois reconnu que des départs importants avaient été enregistrés.
« Une partie des fédéraux et certains membres de la direction nationale ont décidé de rejoindre l’UDRG », a-t-il déclaré, évoquant un « choix politique » sans conflit ouvert. Dans les faits, cette vague de défections est perçue par de nombreux observateurs comme un sérieux revers. Le mouvement apparaît aujourd’hui vidé de sa substance, réduit à une structure fragile, sans réelle capacité d’influence.
Pour plusieurs analystes, le Mouvement des réformateurs de l’UFDG illustre les limites des dissidences politiques mal structurées : une ambition affichée, mais peu de résultats concrets. Une initiative qui, pour l’instant, peine à dépasser le stade de l’annonce.
Sidafa Keita