À Addis-Abeba : le président Mamadi Doumbouya plaide pour l’industrialisation et l’intégration de l’Afrique
À l’occasion de la 39e session ordinaire de l’Union africaine, tenue du 13 au 15 février à Addis-Abeba, le président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya, a centré son intervention sur un axe majeur : la souveraineté économique comme condition d’une indépendance politique durable.
Pour sa première participation à un sommet de l’organisation continentale depuis l’avènement de la Cinquième République en Guinée, le chef de l’État a inscrit son propos dans une continuité panafricaine, rappelant l’engagement historique de la Guinée au sein de l’Organisation de l’Unité Africaine, devenue Union africaine. Il a souligné l’attente des populations africaines en matière de résultats concrets, notamment en matière d’accès à l’énergie, à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la dignité économique.
Au cœur de son interpellation à ses pairs : l’affirmation qu’« il n’y a pas de souveraineté politique durable sans souveraineté économique ». Cette souveraineté repose, selon lui, sur la maîtrise stratégique des ressources naturelles, humaines et technologiques du continent. Le président guinéen a mis en avant les atouts structurels de l’Afrique-jeunesse, ressources naturelles, potentiel agricole, innovation-tout en constatant leur transformation encore insuffisante en prospérité partagée.
Trois priorités ont été articulées pour concrétiser cette ambition continentale.
La première concerne l’industrialisation et la transformation locale des matières premières. Le chef de l’État a estimé que l’exportation de ressources brutes sans valeur ajoutée ne peut plus constituer le modèle dominant, appelant à produire et transformer sur le continent.
La deuxième priorité porte sur l’intégration économique et le développement d’infrastructures structurantes : transports, énergie et numérique. Il a souligné que sans interconnexion effective, le marché continental restera limité, malgré l’existence de la Zone de libre-échange africaine.
Enfin, le capital humain est présenté comme pilier stratégique. L’éducation, la formation technique, la science, l’innovation et l’intelligence artificielle sont identifiées comme leviers essentiels de compétitivité collective.

Dans son discours, le président guinéen a également évoqué la dynamique nationale engagée en Guinée en matière de transformation socio-économique, tout en affirmant que les trajectoires nationales demeurent liées à la solidité du cadre continental. Il a ainsi appelé à un « panafricanisme pragmatique », fondé sur des projets concrets, des investissements structurants et une solidarité économique renforcée.
Fatoumta Camara