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Violences et interpellations à Siguiri : une organisation de la société civile dénonce des arrestations « arbitraires » et réclame la libération des prévenus

La coordination nationale de Tournons La Page (TLP-Guinée) a réagi à l’interpellation d’une vingtaine de personnes, dont des mineurs, à la suite des manifestations violentes survenues les 16 et 17 février à Siguiri, préfecture aurifère du nord-est de la Guinée. L’organisation exige la libération sans condition des personnes arrêtées.

Dans un communiqué rendu public jeudi, TLP-Guinée se dit préoccupée par « l’arrestation arbitraire de 24 personnes, dont 9 mineurs ». Elle estime que ces interpellations constituent une « atteinte aux droits fondamentaux » et une violation de la liberté d’expression et de manifestation, garanties par la Constitution. L’organisation affirme que les citoyens ont le droit de dénoncer des situations qu’ils jugent préjudiciables à leur cadre de vie.

Les manifestations ont éclaté dans un contexte social tendu, marqué par la recrudescence des activités clandestines d’orpaillage. L’utilisation d’engins lourds, notamment des pelles mécaniques, est pointée du doigt par des habitants qui dénoncent la dégradation de l’environnement, la pollution des cours d’eau et la réduction des terres agricoles.

Mardi dernier, les troubles ont paralysé les activités commerciales et administratives dans la ville. Plusieurs interpellations ont été effectuées par les forces de sécurité.

De son côté, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Siguiri, Dominique Loua, fait état de 15 personnes interpellées, dont 9 mineurs. Qualifiant les événements de « regrettables » et « évitables », il a annoncé l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs présumés.

TLP-Guinée appelle la justice à abandonner les poursuites et à ordonner la libération des personnes arrêtées.

Fatoumatou Camara