Guinée/Justice : après près de 4 ans de détention, l’ex-Premier ministre Kassory Fofana bénéficie d’une liberté provisoire
L’ancien Premier ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana, a bénéficié ce jeudi 5 mars d’une liberté provisoire accordée par la chambre d’appel de la CRIEF (Cour de répression des infractions économiques et financières), lors de l’énième audience dans l’affaire l’opposant au ministère public.
Cette décision judiciaire fait suite à un courriel de la Direction nationale de l’administration pénitentiaire adressé à la juridiction. Selon le contenu du document rapporté à l’ouverture de l’audience par le président de la Cour, Daye Mara, le détenu serait « gravement malade ».
Pour des raisons de santé, la cour a ainsi décidé d’accorder une mise en liberté provisoire à l’ancien chef du gouvernement. Saisie par la défense, le procureur spécial de la CRIEF, Aly Touré, a formulé une requête dans ce sens auprès de la chambre d’appel.
Une demande à laquelle l’avocat de la partie civile, Me Pépé Antoine Lamah, n’a pas opposé d’objection. Il a estimé que son client, l’État, dispose de garanties suffisantes, notamment en raison de la saisie des comptes bancaires et des biens immobiliers de Kassory Fofana.
Après avoir entendu les différentes parties, la cour a délibéré sur le siège et ordonné la mise en liberté provisoire du prévenu.
À la suite de cette décision, l’ancien Premier ministre a été autorisé à regagner son domicile et sa famille, qu’il avait quittés depuis son incarcération le 6 avril 2022.
Cette liberté provisoire reste toutefois assortie de certaines conditions. Kassory Fofana devra notamment informer la justice de tous ses déplacements et s’abstenir de toute communication avec la presse.
Le procès a été renvoyé au 26 mars prochain pour l’ouverture des débats sur le fond.
En première instance, l’ancien chef du gouvernement avait été reconnu coupable de détournement de deniers publics portant sur 15 milliards de francs guinéens, de corruption, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Le 27 février 2025, il avait été condamné à cinq ans de prison ferme.
Fatoumatou Camara