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Enseignement technique : l’énième report des examens nationaux, le fiasco d’une organisation à la dérive

Les candidats aux examens nationaux de sortie devront encore ronger leur frein. Le ministère de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Emploi vient, pour la deuxième fois consécutive, de reporter la date de lancement des épreuves.

Initialement prévues pour le lundi 9 juin, les épreuves théoriques avaient d’abord été décalées de 24 heures. Un premier report annoncé quatre jours avant le début, par le secrétaire général du ministère, Dr Julien Bongono, lors d’un point de presse à Conakry. Le motif invoqué ? Des difficultés logistiques.

Mais ce premier réajustement n’aura été qu’un pansement sur une plaie béante. Les problèmes logistiques, loin d’être résolus, ont persisté sur le terrain. Dans plusieurs centres d’examen, les candidats se sont présentés sans numéros de procès-verbaux (PV), conséquence directe d’une organisation approximative, voire chaotique. Ce désordre a d’ailleurs suscité des remous dans certaines régions de l’intérieur du pays.

Pris de court par l’ampleur de la pagaille, le ministère s’est vu contraint de repousser une nouvelle fois les épreuves, désormais reprogrammées au mardi 17 juin sur toute l’étendue du territoire national. Dans un communiqué, la ministre de tutelle, Aminata Kaba, tente de justifier cette volte-face par la volonté de « garantir une organisation inclusive, équitable et transparente des examens, tout en permettant aux établissements privés de mieux se préparer ».

Un argument qui sonne comme une tentative maladroite de maquiller les défaillances d’un appareil administratif visiblement dépassé par les exigences logistiques les plus élémentaires. Car en réalité, ces reports successifs traduisent moins une volonté d’inclusivité qu’une incapacité criante à assurer le bon déroulement d’un rendez-vous académique pourtant prévisible.

La répétition de ces reports jette un discrédit profond sur la crédibilité du ministère et alimente un sentiment grandissant de défiance vis-à-vis des institutions. L’amateurisme et le manque de rigueur qui caractérisent la gestion de ces examens témoignent d’un dysfonctionnement structurel préoccupant.

Espérons – sans grande conviction – que cette troisième date sera enfin la bonne.

Sidafa Keita pour kibanyiguinee.info