Alors que le recensement biométrique de la diaspora a pris fin ce jeudi 25 juin 2025, deux figures majeures de la classe politique guinéenne, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, établies toutes deux en Côte d’Ivoire, n’ont pas pu s’enrôler. En cause, l’ambassade de Guinée à Abidjan leur a refusé l’accès à ce droit citoyen fondamental.
Exilés depuis près de trois ans, ni l’un ni l’autre ne s’attendaient à être ainsi empêchés de se faire recenser. Ils ne pouvaient imaginer que les autorités guinéennes iraient jusqu’à leur barrer la route de ce qui reste, même en exil, un droit constitutionnel. Et pourtant, c’est ce qui s’est produit. Une humiliation qui, pour certains observateurs, pourrait enterrer définitivement leurs ambitions politiques, sauf improbable retournement de situation.
Cellou et Sidya privés de leur droit, deux visions face à une même injustice
Dans les deux camps politiques, la pilule est amère. À l’UFDG, dont le président a été la première victime de ce refus, l’indignation est vive. Le parti dénonce une « violation flagrante de la loi, notamment du code électoral et des engagements internationaux de la République de Guinée ». Et de prévenir en même temps, qu’il n’acceptera pas cette décision « injuste et arbitraire ».
Du côté de l’UFR, la réaction est plus mesurée, presque fataliste. Le parti de Sidya Touré affirme avoir « alerté » depuis longtemps sur une « volonté » délibérée du régime d’écarter les poids lourds de la scène politique. « Nous ne sommes pas surpris », martèle-t-on, ajoutant que « c’est le contraire qui aurait été étonnant ».
Ainsi, si le sort est identique pour les deux hommes, les postures divergent nettement. Là où l’UFDG annonce vouloir se battre pour rétablir ses droits, l’UFR semble s’être préparée à cette éventualité et mise désormais sur le temps et l’usure du pouvoir en place pour un éventuel déblocage.
Sidafa Keita pour kibanyiguinee.info