Lancé le 23 juin dernier à la suite de l’agression d’un de ses membres, le mot d’ordre de débrayage du barreau de Guinée a été suspendu ce mercredi 16 juillet 2025, à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue à Conakry. La décision met fin à plus de vingt jours de paralysie de l’appareil judiciaire guinéen.
Contrairement aux deux précédentes assemblées qui avaient respectivement lancé et reconduit le boycott des cours et tribunaux, cette troisième rencontre s’est tenue en présence de l’ancien bâtonnier Me Mohamed Traoré. Victime de l’agression survenue le 20 juin, Me Traoré était cette fois présent en personne, suscitant une forte charge symbolique et émotionnelle. C’est à l’issue de cette réunion que les avocats ont décidé de lever leur mot d’ordre.
Le Conseil de l’Ordre des avocats a ainsi choisi de donner une chance aux discussions engagées avec les institutions administratives, notamment le gouvernement, dont le Premier ministre Amadou Oury Bah a joué un rôle central dans la médiation. En recevant à deux reprises les représentants du barreau, le chef du gouvernement a, selon plusieurs sources, permis d’apaiser les tensions. « Il est important de se donner une chance pour faire avancer les choses », a déclaré Me Moussa Diallo à la sortie de l’assemblée.
S’exprimant au nom du barreau, l’avocat a salué les progrès enregistrés, évoquant notamment l’audition de Me Traoré par un officier de police judiciaire. « Une procédure a été enclenchée, ce sont là des actes concrets », a-t-il ajouté, soulignant qu’ils (les actes) ont pesé dans la décision de suspendre le mouvement.
Cependant, Me Diallo a tenu à préciser que le barreau n’abandonne pas son exigence de rencontrer le président de la République, le général Mamadi Doumbouya. « Ce n’est pas quelque chose qui nous paraît impossible, et ce n’est pas une démarche à laquelle nous renonçons », a-t-il martelé.
Fatoumata Camara