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Glissement mortel de terre à Manéah : Guicopres pointée du doigt par les victimes (vidéo)

Depuis le glissement de terrain meurtrier survenu à Manéah le 20  août 2025, le mystère persiste sur les causes réelles du drame. Alors que certains évoquent une catastrophe naturelle, d’autres pointent directement des facteurs liés aux activités humaines, en particulier celles de l’entreprise de BTP Guicopres, adjudicataire du contrat de construction d’un tronçon de la route contournant Coyah, traversant cette zone montagneuse.

Parmi ces voix critiques, celle d’Abdoulaye Doumbouya, citoyen du secteur Zacopé où la tragédie s’est produite. S’exprimant au nom des familles des victimes, il met à l’index, et avec forte conviction, l’entreprise Guicopres, propriété du richissime homme d’affaires guinéen Kerfalla Person Camara (KPC).

Dans une vidéo réalisée sur le site du drame, le samedi 23 août, Abdoulaye Doumbouya donne son avis sur l’origine du glissement de terre.

« La cause principale de ce glissement est liée au travail non ingénieux de Guicopres, qui est venue terrasser les pieds de la montagne. Ils (les ingénieurs de Guicopres) ont créé un grand trou où l’eau de pluie s’est infiltrée durant des mois. La situation s’est aggravée suite à la forte pluviométrie enregistrée durant ces trois derniers jours (ayant précédé le drame), entraînant ainsi le glissement de la montagne, ravageant les maisons qui se trouvent en contrebas et tuant plusieurs personnes. », fulmine-t-il.

Même constat chez l’imam du secteur, Alpha Cissé, installé depuis huit ans dans la zone.

« Avant, l’eau ne descendait jamais jusqu’à chez moi. Depuis le lancement des travaux (de construction de la route), ma maison est régulièrement inondée. Parfois, je suis obligé de me lever la nuit pour évacuer l’eau avec des moyens rudimentaires. Cela prouve bien que les travaux sont à l’origine de ce glissement », affirme-t-il avec amertume.

Un autre habitant, Fodé Camara, installé dans le secteur depuis 2012, confirme n’avoir jamais vécu une telle situation avant les travaux. Il ajoute que le chantier est à l’arrêt depuis plus d’un an, ce qui aurait aggravé la vulnérabilité du site.

« Les travaux sur cette route sont en arrêt depuis plus d’un an. C’est cela aussi qui a contribué à cette catastrophe humaine et matérielle. », dit-il le cœur meurtri.

Voir le témoignage vidéo des victimes

Contactée par nos soins le lundi 25 août, la direction de Guicopres, par la voix du conseiller en communication de son PDG, a préféré ne pas répondre à ces accusations.

Au-delà de ces accusations, la tragédie de Manéah impose une réflexion collective afin de prévenir la répétition de tels drames, souvent aggravés par la négligence humaine.

Notons que le jour du reportage, le bilan du drame, selon le DG de l’Anguch, était de 19 morts et de 11 blessés.

Trois images distinctes: vue d’une partie du secteur Zacopése trouvant en bas de la montagne; une pancarte de Guicopress sur le site & un caterpillar sur un tronçon de la route Kagbelen-Coyah qui traverse la zone.

Sam Keita