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67ᵉ anniversaire de l’indépendance : Mamadi Doumbouya prône la souveraineté économique mais évite les questions politiques

À la veille du 67 anniversaire de l’indépendance de la République de Guinée, célébré 2 octobre de chaque année, le président Mamadi Doumbouya a fait une adresse à la nation. Un discours bref, d’une durée inférieure à dix minutes, marqué par la sobriété et centré sur la souveraineté économique. S’il a mis en avant des acquis financiers et une vision stratégique incarnée par le programme Simandou 2040, le chef de l’État est resté silencieux sur les questions politiques et électorales qui préoccupent largement l’opinion publique.

Une adresse centrée sur l’économie et la crédibilité internationale

Le président a rappelé l’héritage du 2 octobre 1958, avant de mettre en avant les récentes avancées obtenues sous son régime. Il a notamment souligné la notation souveraine inaugurale de la Guinée (B+), saluée comme un signe de crédibilité auprès de la communauté financière internationale, ainsi que la finalisation d’un Fonds souverain destiné à garantir une meilleure gestion des ressources nationales.

Dans la même logique, il a présenté Simandou 2040 comme le « moteur de l’avenir », devant permettre le financement d’infrastructures stratégiques (ports, routes, chemins de fer, énergie) et l’investissement dans le capital humain à travers l’éducation, la formation et la recherche.

Des valeurs de discipline et de rigueur mises en avant

Le général Doumbouya a insisté sur la discipline, l’exigence d’excellence et l’unité nationale comme piliers de son action. Fidèle à l’esprit commémoratif, il a rendu hommage aux pères fondateurs de l’indépendance, aux forces de défense et de sécurité, ainsi qu’à la jeunesse et aux femmes, présentées comme « l’avenir de la nation ».

Les grandes absences du discours

Si la dimension économique a été largement développée, plusieurs sujets essentiels ont été passés sous silence. Le président n’a fait aucune référence au processus de transition ni aux échéances électorales à venir, en particulier la présidentielle prévue dans les prochains mois. La question de sa propre candidature, très attendue par les Guinéens, n’a pas été abordée.

De même, les préoccupations sociales immédiates-coût de la vie, chômage, accès aux services sociaux de base- n’ont pas trouvé d’écho dans son discours, axé sur des projets de long terme. Enfin, les enjeux relatifs aux libertés publiques, aux tensions politiques et à la répression des opposants ont été totalement occultés.

Une sobriété qui interroge

Ce discours, plus court que ceux des années précédentes, illustre une volonté de concision et de recentrage sur des priorités économiques. Toutefois, cette sobriété, combinée au silence sur les questions politiques, risque de renforcer les incertitudes au sein de l’opinion.

En évitant de clarifier sa position sur la présidentielle, Mamadi Doumbouya a préféré mettre en avant son image de bâtisseur et de stratège économique, mais laisse planer le flou sur sa candidature.

Sidafa Keita