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Violences militaires à Niaya Foritah : un manifestant abattu d’une balle dans la tête, les éléments du GFIR pointés du doigt

Le district de Niaya Foritah, relevant de la sous-préfecture de Sandenia dans la région administrative de Faranah, a été le théâtre de violences d’une rare brutalité le 5 octobre dernier. Des éléments du Groupement des forces d’intervention rapide (GFIR) auraient réprimé dans le sang une manifestation pacifique des employés de la société Winning Consortium Simandou (WCS). Le bilan fait état d’un mort et d’un blessé.

Selon la coordination de Tournons La Page (TLP-Guinée), qui a révélé l’information, la victime s’appelait Mohamed Sayon Samoura, élève âgé de 21 ans. « Il a été tué d’une balle en pleine tête, et une autre personne a été blessée par les agents du GFIR lors d’une manifestation pacifique organisée par des ouvriers et manœuvres réclamant leurs dus à la société WCS », précise l’organisation dans un communiqué publié le 8 octobre.

TLP-Guinée rapporte également les témoignages d’un proche de la victime, accusant directement les agents du GFIR opérant sur le corridor du projet minier Simandou.

« Mon ami a été abattu à bout portant par un caporal du GFIR surnommé Yèrèbalo Spartacus, basé à Soronkoni », confie le témoin sous anonymat. Ce dernier assure qu’il ne s’agissait pas d’un « incident » et qu’aucun « tir de sommation » n’a été effectué. D’après lui, le militaire aurait agi en toute « conscience » et aurait même déclaré, quelques jours avant le drame, qu’il tuerait quelqu’un avant la fin de sa mission dans la région.

 « Il nous le disait très souvent pendant nos rencontres », se souvient le témoin qui affirme que depuis le déploiement des forces du GFIR sur le corridor, les citoyens vivent dans la peur permanente. Il ajoute que le présumé auteur du tir mortel aurait été déjà arrêté et écroué à la prison civile de Faranah.

De son côté, TLP-Guinée exige une enquête transparente et indépendante pour faire toute la lumière sur ce crime et appelle à ce que le coupable soit puni à la hauteur de sa forfaiture.

Sidafa Keita