Site d'informations générales

Insécurité à Kindia : le commandant de la gendarmerie met en garde les « enfants » qui jouent avec le numéro vert

Depuis plusieurs mois, la ville de Kindia, surnommée la « cité des agrumes », traverse une période de forte insécurité marquée par des vols, des agressions nocturnes et une recrudescence du grand banditisme. Malgré les efforts déployés par les forces de défense et de sécurité, le climat d’inquiétude persiste, révélant une crise de confiance entre la population et ses protecteurs.

Dans ce contexte, le commandant régional de la gendarmerie, le colonel Sory Dabo, tire la sonnette d’alarme. Il pointe du doigt un double problème : le manque de collaboration citoyenne et les comportements irresponsables de certains enfants qui jouent avec les dispositifs sécuritaires mis en place, notamment le numéro vert d’urgence (125).

 « Si la population ne s’implique pas pour fournir des informations, nos missions deviennent difficiles », a-t-il déclaré mardi 4 novembre dernier à Kindia.

Pour renforcer la sécurité, les services de la gendarmerie ont mis à la disposition des habitants un numéro vert gratuit (125). Ce dispositif permet à toute personne menacée ou témoin d’un acte criminel d’alerter rapidement les forces de l’ordre.

Mais selon le commandant Dabo, les appels légitimes se font rares : « Malgré les sensibilisations, les citoyens restent indifférents, et ce sont souvent des enfants qui s’amusent à appeler pour plaisanter. »

Le colonel regrette cette situation, d’autant plus que les agressions se multiplient dans la cité des agrumes. « Nous avons besoin du soutien indéfectible des populations pour réussir notre mission », insiste-t-il.

Chaque soir, à partir de 18h, une équipe mixte composée de gendarmes, policiers et militaires sillonne la ville à bord de neuf pick-up pour assurer la sécurité des citoyens. Toutefois, ces moyens demeurent insuffisants pour couvrir l’ensemble du périmètre urbain. « Avec seulement neuf véhicules, nous ne pouvons pas être partout à la fois », reconnaît le commandant.

Il rappelle néanmoins que les équipes d’intervention répondent rapidement aux appels : « En huit minutes maximum, une équipe est sur les lieux. La nuit, la patrouille nocturne est constamment en alerte. »

Le colonel Dabo déplore le comportement de certains enfants qui, selon lui, perturbent le système en jouant avec le numéro vert. « Nous luttons contre une insécurité galopante, pendant que des enfants s’amusent avec le 125. Ce n’est pas un jouet », martèle-t-il.

Face à cette situation, la gendarmerie envisage des mesures coercitives.

« Nous mettrons en place une brigade de recherche chargée d’identifier et d’interpeller tout enfant auteur d’appels fantaisistes. Ils seront remis à la justice conformément à la loi », avertit-il.

En dépit des difficultés, le commandant réaffirme sa détermination à assurer la sécurité publique : « Notre redevance envers la population, c’est sa sécurité. Elle ne nous demande pas de l’argent, mais de la protéger, et c’est pour cela que nous sommes payés », a-t-il conclu.

Par cet appel, le colonel Dabo invite les citoyens à une prise de conscience collective pour faire de Kindia une région sûre, où les forces de sécurité et la population travaillent main dans la main.

Sidafa Keita