SLECG-Gouvernement : un accord signé, mais le front syndical reste fracturé
Ce mardi 2 décembre 2025 au petit matin, la salle de réunion du ministère du Travail et de la Fonction publique à Conakry a vu poindre, après une nuit de négociations, une lueur d’apaisement. Sous l’égide du Conseil National du Dialogue Social (CNDS) et de l’Inspection Générale de l’Administration Publique (IGAP), les représentants du Gouvernement et du SLECG ont paraphé un protocole d’accord.
Dans un couloir quasi désert, mais plein d’attente, des professeurs, sans doute las des incertitudes, ont écouté retentir la nouvelle : l’enseignement pourrait reprendre, du moins partiellement.
Ce moment intervient au lendemain du déclenchement, ce lundi 1er décembre 2025, d’une grève générale illimitée décrétée par la FSPE et le SNE, en riposte à un blocage persistant des négociations entamées depuis septembre.
Que dit l’accord ? Il prévoit :
La revalorisation des primes : les indemnités perçues par les enseignants connaîtront une forte hausse. La prime de préparation mensuelle passera de 100 000 GNF à 500 000 GNF, la prime de “craie” de 125 000 GNF à 500 000 GNF. Une augmentation progressive est prévue pour chacune : 300 000 GNF dès février 2026 et 500 000 GNF en juillet 2026. La prime annuelle de documentation, jusqu’ici 300 000 GNF, sera portée à 1 500 000 GNF.
Le déblocage des salaires gelés : les enseignants dont les salaires étaient suspendus depuis 2023 verront leurs arriérés examinés. Une commission bipartite sera mise en place pour étudier les dossiers, avec un objectif de régularisation d’ici la fin décembre 2025.
Le reclassement des enseignants qualifiés : ceux ayant réussi les examens professionnels, notamment la session de 2017, verront leur reclassement effectif dès janvier 2026. Cela met fin à une période d’attente longue pour des personnels déjà diplômés et admis.
Le statut particulier & négociations futures : l’accord prévoit la reprise des discussions sur le statut particulier des personnels de l’éducation à partir de février 2026. Ce statut est central dans la plateforme revendicative déposée le 1er septembre 2025.
Le situation des contractuels et enseignants de la zone spéciale de Conakry : le Gouvernement rappelle que l’intégration dans la fonction publique se fera par concours. Les syndicats sont invités à orienter leurs membres en ce sens.
Une paix précaire : le front syndical reste divisé
Malgré cette signature, l’arène reste fracturée. En effet, l’accord a été conclu avec le SLECG seul, sans l’aval des FSPE et SNE, qui avaient lancé le mot d’ordre de grève. Ces syndicats n’ont pas signé le protocole et pourraient rejeter les mesures adoptées.
Le président du SLECG, Aboubacar Soumah, a immédiatement appelé les enseignants à retourner dans les classes, tout en précisant que l’accord obtenu n’est que « partiel » et que les négociations reprendront en 2026.
Il reste donc incertain si la grève était levée ou si les écoles resteraient paralysées. Le véritable test sera dans les heures ou jours à venir, lorsque les enseignants décideront collectivement de maintenir ou non le mouvement.
Sidafa Keita