Siguiri sous tension : l’interpellation controversée d’un écologiste embrase la ville
Située à près de 800 kilomètres de Conakry, la préfecture de Siguiri a été secouée par de vives tensions sociales ce mercredi 14 janvier 2026, à la suite de l’interpellation d’un activiste de la société civile.
À l’origine de ces remous, l’arrestation en milieu de journée d’Aly Thiam, membre de l’Union des jeunes pour le progrès de Siguiri. L’activiste est connu localement pour son engagement contre la dégradation de l’environnement, notamment dans les zones minières de la préfecture.
Les circonstances et les motifs de son interpellation n’ont, pour l’heure, fait l’objet d’aucune communication officielle. Cette absence d’explications a rapidement suscité l’indignation des populations, qui sont descendues dans la rue pour exiger sa libération immédiate. Une revendication à laquelle les autorités ont fini par accéder dans un court délai.
Cependant, cette libération n’a pas suffi à calmer les esprits. La colère populaire s’est poursuivie, se traduisant par l’incendie d’au moins un véhicule des forces de sécurité et l’érection de barricades dans plusieurs quartiers de la ville. Les manifestations ont duré jusque tard dans la soirée, plongeant certaines zones dans une atmosphère de tension et d’incertitude.
Aucune réaction officielle n’avait encore été enregistrée au moment de la rédaction de cet article.
Siguiri, région minière par excellence, est confrontée à une exploitation intensive de ses ressources, à la fois industrielle et artisanale. L’utilisation massive d’engins lourds, notamment les machines de type poclain, contribue fortement à la dégradation de l’environnement. C’est contre cette exploitation jugée anarchique qu’Aly Thiam et son organisation se mobilisent depuis plusieurs années, dans une région déjà fragilisée par des conditions climatiques difficiles.
Sékou Amadou