Crise de liquidité : Moustapha Kourouma, l’héritier qui s’impose déjà dans les pas de son père
Dans un contexte économique marqué par une crise persistante de liquidité, une voix nouvelle s’est élevée, samedi 18 avril, à Conakry. Celle de Moustapha Kourouma, l’un des héritiers de la grande famille Kourouma. Face à la presse, le fils du PDG de la société Hamana a posé un diagnostic clair, structuré et pédagogique sur un phénomène qui fragilise le quotidien des Guinéens. Une sortie qui n’est pas passée inaperçue, tant elle incarne l’adage bien connu : « tel père, tel fils ». L’enfant semble déjà suivre les traces de son père, avec assurance et maîtrise.
Chargé de planter le décor lors du point de presse animé par Mohamed Kourouma, Moustapha Kourouma s’est distingué par une communication fluide et accessible en revenant sur les racines profondes de la crise. Loin de céder à la simplification, il a rappelé que le problème de liquidité en Guinée n’est pas nouveau. Depuis plusieurs décennies, a-t-il souligné, le pays fait face à des difficultés structurelles liées à la circulation de l’argent, notamment au sein des banques.
Remontant jusqu’à l’époque du président Ahmed Sékou Touré, puis celle du général Lansana Conté, il a mis en lumière les tentatives répétées des autorités pour capter les flux financiers hors circuit bancaire. Une contextualisation historique qui donne du relief à la crise actuelle.
Mais c’est surtout dans l’analyse du présent que Moustapha Kourouma s’est montré percutant. Selon lui, le problème n’est pas l’absence d’argent, mais sa mauvaise circulation. Entre thésaurisation domestique et montée des transactions via mobile, une grande partie des fonds échappe aujourd’hui au système bancaire classique.
Les conséquences sont visibles : retraits limités, pénurie de petites coupures, difficultés pour les commerçants et ralentissement des activités économiques. Un constat qu’il a su exposer avec clarté, en posant également les bonnes questions sur la localisation réelle de l’argent et les déséquilibres entre le franc guinéen et le dollar.

Par cette intervention, Moustapha Kourouma signe une entrée remarquée sur la scène économique et médiatique. Plus qu’un simple relais, il s’affirme comme un acteur en devenir, prêt à assurer la relève, dans la continuité d’un héritage qu’il semble déjà maîtriser.
Sidafa Keita