Site d'informations générales

FACE AU REFUS DE L’ETAT DE REHAUSSER LE SALAIRE DES TRAVAILLEURS : LE MOUVEMENT SYNDICAL GUINEEN « AFFÛTE SES ARMES »

Après les politiques, la société civile et les enseignants contractuels, c’est au tour du Mouvement Syndical Guinéen (MSG) d’agiter le fanion jaune contre le pouvoir. En assemblée générale extraordinaire, ce mardi 10 octobre 2023, à la Bourse du travail, ce mouvement qui regroupe tous les travailleurs du public, du privé et mixte demande à ses membres de se tenir prêts pour répondre à son appel à tout moment.

Les trois mois de négociation entre le gouvernement et le mouvement syndical, n’ont pas porté le résultat escompté. Les différentes réunions de la commission tripartite, Syndicat, patronat et gouvernement, qui ont eu lieu, se sont soldées par un échec. Puisque le point nodal portant sur l’augmentation de l’indice salarial à 90% constitue le principal point d’achoppement entre le mouvement syndical et son partenaire du gouvernement. Ce dernier n’ayant proposé que 20% d’augmentation salariale. Sous prétexte que l’Etat ne pourrait pas se permettre actuellement de satisfaire une telle demande qui est hors de sa portée.

Chose que conteste vigoureusement le mouvement syndical. Qui indique le contraire en affirmant disposer toutes les preuves prouvant que l’Etat a suffisamment de moyens lui permettant de faire face à sa revendication.

Par la voix de son président de la commission des négociations tripartites, le camarade Abdoulaye Barry, le mouvement soutient mordicus que le gouvernement a la capacité d’augmenter le salaire des fonctionnaires et retraités jusqu’à hauteur de 100% voire 200% sans crainte.

Dans ses explications, il dénonce le fait que le gouvernement prétend que « les dépenses liées au personnel de la fonction publique s’élèvent à environ 7 360 milliards de francs guinéens par an », alors que « dans la salle de négociation » il évoquait « un chiffre de 35 milliards GNF. »

Mais pour ce syndicat, cette attitude du gouvernement qui consiste à donner deux versions différentes pour le même fait, relève de la mauvaise volonté. Avant de révéler que  l’augmentation à 100% du salaire des travailleurs ne coûtera à l’Etat que 175 milliards par mois, soit 2 100 milliards GNF par an.

Et mieux, le CNT (Conseil national de la transition) qui fait office de parlement, a voté récemment un budget du secteur qui s’élève à hauteur de 7 360 Mds. Soit une différence de 5 000 Mds par rapport au montant annuel des salaires s’ils (le salaire) étaient augmentés à 100%. Ce qui poussera même M.Barry  à poser la question de savoir « où va cet argent ? » Mais cette question n’aurait jamais eu une réponse claire du côté de l’Etat.

Voyant cela comme une « mauvaise fois » de la part de l’Etat qui refuse de satisfaire ce point crucial des revendications, Abdoulaye Barry lance un appel pressant aux travailleurs, auxquels il demande de rester mobiliser afin d’agir dès que le mot d’ordre sera lancé.

Samory Keita pour kibanyiguinee.info