Site d'informations générales

TRANSITION GUINEENNE : LE POUVOIR DE CONARY EST-IL PREDISPOSE A RECEVOIR LA MISSION DE LA CEDEAO ?

Le dimanche, s’est tenu à Abuja, la capitale nigériane le 64ème sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette rencontre des chefs d’Etat ouest africains, qui s’est déroulée sous les auspices de son président, Bola TINIBU, a essentiellement porté sur les transitions en cours au Mali, Burkina Fafo, Niger et en Guinée.

Comme à l’accoutumée, au sortir de cette rencontre, le président en exercice de l’organisation sous régionale et ses pairs présents, ont publié une résolution relative à la situation dans ces pays suscités.

En ce qui concerne la transition guinéenne, puisque c’est celle-là qui nous préoccupe, l’organisation sous régionale a notifié le grand retard accusé dans la mise en œuvre du chronogramme.

Après avoir rappelé que le chronogramme établi portant sur dix (10) étapes ou points a été conjointement élaboré et a fait l’objet d’un accord entre les autorités de transition et  la CEDEAO en octobre 2022, les dirigeants ouest africains ont fait le constat que « un an après, aucun progrès significatif n’a été réalisé dans la mise en œuvre des activités. »

Ainsi en marge du sommet, l’organisation dans le but de faire le constat de vu-su, a décidé de l’envoie d’émissaires sur le terrain. Cette délégation sera composée du béninois Patrice Talon, du bissau-guinéen Umaru Sissoko Embalo et du nigérian Bola TINIBU qui est en même temps président en exercice de la CEDEAO. Le Troïka visitera la Guinée, le Mali et le Burkina afin de s’enquérir les réalités du terrain. Mais aussi pour mettre la pression sur les chefs de transition au respect des chronogrammes auxquels ils ont souscrit.

Le pouvoir de Conakry est-il prédisposé à recevoir ces émissaires ?

Cette question a tout son pesant d’or. Car même si la CEDEAO compte dépêcher une mission de visite en Guinée, tout porte à croire que cela ne risque pas d’arriver de sitôt. Sauf en cas de force majeur. Il suffit juste de lire entre les lignes, la récente déclaration du porte parole du gouvernement pour s’en rendre compte.

« Nous continuons l’exécution du chronogramme avec transparence et le moment venu, nous inviterons la CEDEAO à venir s’enquérir de son évolution », a confié Ousmane Gaoual Diallo aux médias. Comme pour dire qu’il revient aux autorités guinéennes de décider de la période d’arriver de la mission de la CEDEAO en Guinée. Et non le contraire.

En plus, contrairement à ce que veut faire croire l’organisation sous régionale, au nom de la junte, il affirme que d’énormes progrès ont été réalisés. Et citera en exemple, le vote et la promulgation des lois relatives au récemment administratif à vocation d’état civil.

Une loi promulguée pourtant à 48 heures seulement avant de l’ouverture du 64ème sommet de la CEDEAO.

Samory Keita pour kibanyiguinee.info