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VIGILOR SECURITÉ

INTERDICTION DE VENTE DE CARBURANT DANS LES BIDONS : LA MESURE « VOLE EN ECLAT » MALGRE LES MENACES DE L’ETAT

La semaine dernière, le gouvernement guinéen avait pris la décision de lever succinctement la mesure interdisant la vente des produits pétroliers (gasoil et essence), prise au lendemain de l’explosion du dépôt d’hydrocarbure à Conakry. Néanmoins, en prenant cette option, les autorités du pays avaient aussi tenu à préciser que la vente du carburant dans les bidons est formellement interdite.

Seulement quelques jours après la publication de cette mesure d’interdiction, le constat sur le terrain est plutôt contrariant. Car si au début, l’Etat semblait avoir le contrôle de la situation, tel n’est plus le cas désormais. C’est du moins, le constat fait sur le terrain. Puisque cette mesure a tout simplement volé en éclat dans plusieurs endroits où les bidons sont admis. Il suffit de faire un petit tour pour s’en rendre compte.

Dans certaines stations services, les usagers, vendeurs de marché noir en complicité avec les pompistes violent publiquement cet interdit sans être inquiétés. Ce carburant pompé dans les bidons se retrouve aujourd’hui sur le marché noir et se négocie à 14 mille francs le litre contre 13 mille avant la crise.

Dans une station dont nous préférons taire le nom, pour l’instant, le service dans les bidons se fait au vu et au su des hommes en uniformes.

Constatant la violation flagrante de cette mesure dans maints endroits du pays, l’Etat à travers la police tente de reprendre le contrôle. Dans un communiqué publié ce mercredi, le contrôleur général de la police tape du point sur la table. Pour dissuader davantage les contrevenants et faire respecter la décision de l’Etat, Abdoulaye Sampil, « invite les directeurs régionaux de police, les commissaires centraux, les commandants des CMIS à prendre toutes les dispositions pour appréhender, interpeller et conduire à l’unité de police ou de gendarmerie la plus proche pour des besoins d’enquête, toute personne porteuse de bidons contenant du carburant

Une sortie qui ne semble pas dissuader les citoyens prêts à se procurer par tous les moyens possibles cette denrée devenue subitement rare depuis l’évènement du 18 décembre 2023. Cela, même s’il faut enfreindre la loi.

Il revient à l’Etat de trouver la formule magique pour faire respecter la loi et éviter que la situation ne prenne une autre tournure.

Samory Keita pour kibanyiguinee.info