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Saison des pluies à Conakry : les vieilles promesses d’assainissement coulent avec la boue

Au lendemain d’une forte averse nocturne, Conakry offre un visage repoussant. La pluie qui s’est abattue sur la capitale guinéenne entre 1h et 2h du matin a charrié des tonnes d’ordures, transformant les rues en dépotoirs à ciel ouvert.

Il s’agissait de la plus forte pluie enregistrée depuis le début de la saison pluvieuse, amorcée il y a quelques semaines. Fidèle à son habitude lors de fortes pluies, la ville a replongé dans son éternelle vulnérabilité : habitations inondées, voiries impraticables, caniveaux débordants.

Dans des quartiers régulièrement touchés comme Kondebongny ou Bonfi, situés dans les communes de Gbessia et Matam, de nombreux habitants se sont réveillés les pieds dans l’eau. Certains ont passé la nuit à évacuer les eaux boueuses et les détritus qui ont envahi leurs maisons, dans l’indifférence des autorités.

Sur les artères principales, la scène est tout aussi alarmante. Les caniveaux, obstrués par des déchets abandonnés depuis des mois, ont laissé jaillir leur trop-plein d’immondices. Rendant la circulation très difficile à certains endroits, à cause de l’amoncellement de détritus.

Et pourtant, nous ne sommes qu’au début de la saison des pluies. Si rien n’est fait, les prochaines semaines risquent d’être encore plus catastrophiques. Malgré les multiples alertes lancées ces dernières années, les autorités peinent à mettre en œuvre une politique durable d’assainissement.

On se souvient des campagnes de sensibilisation initiées jadis dans les différentes communes de la capitale. Le premier samedi du mois était dédié au nettoyage collectif. Les slogans du type « Conakry, ville propre » fleurissaient sur les murs et dans les médias. Même les plus hautes autorités-président, ministres, soldats et autres dignitaires- s’étaient mis en scène avec pelles et brouettes pour curer les caniveaux.

Mais cette mobilisation n’a duré qu’un temps. Rapidement, l’enthousiasme s’est éteint, révélant le caractère superficiel et démagogique de l’initiative. Résultat : les ordures ont repris leurs quartiers dans les caniveaux, comme si rien n’avait jamais été fait.

La preuve est là. Une simple averse suffit à faire ressortir toutes les saletés que l’on prétendait avoir éliminées. Les déchets débordent aujourd’hui dans les concessions et envahissent la chaussée, au grand dam des riverains.

Un constat qui ne surprend plus personne. Conakry, classée il y a peu parmi les capitales les plus sales du continent africain, continue de porter ce stigmate avec résignation.

Fatoumata Camara pour kibanyiguinee.info