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Gestion du Port Autonome de Conakry : un opérateur économique vante les acquis du CNRD

Conakry, 1er juillet 2025 – L’opérateur économique Mohamed Kourouma, PDG de la société Hamana S.A, a animé un point de presse ce mardi pour saluer les avancées enregistrées au Port Autonome de Conakry (PAC) depuis l’arrivée au pouvoir du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD). Il a dressé un tableau comparatif de la situation du port avant et après l’avènement de la transition militaire.

Le Port Autonome de Conakry constitue l’une des principales sources de revenus de l’État guinéen. Il canalise la majorité des importations destinées aux opérateurs économiques du pays, ce qui en fait un secteur hautement stratégique, prisé aussi bien par les acteurs nationaux qu’étrangers. Ce hub économique joue un rôle clé dans le renflouement des caisses de l’État.

Un port en mutation

Jusqu’à une période récente, les activités au port étaient limitées à huit heures de travail par jour. Depuis la prise du pouvoir par le CNRD, ce régime a été bouleversé, avec une ouverture désormais effective 24 heures sur 24, ce qui aurait fortement accru sa capacité opérationnelle.

Client régulier du PAC, Mohamed Kourouma a rappelé les difficultés rencontrées auparavant par les opérateurs économiques, notamment à cause des surestaries-des frais liés aux retards de déchargement des marchandises. Selon lui, les importateurs déboursaient entre 5 et 10 milliards de francs guinéens pour faire débarquer leurs cargaisons.

« Découragés par ces charges, beaucoup d’opérateurs économiques évitaient le port de Conakry et préféraient transiter par des pays voisins où les frais étaient moins élevés. Et pour compenser ces coûts, ils répercutaient les dépenses sur les prix des denrées », a-t-il expliqué.

Une nouvelle dynamique

Avec l’ouverture continue du port, instaurée par décret présidentiel, les opérations sont devenues plus fluides. « Les navires ne restent plus à quai, ils sont déchargés dès leur arrivée. On ne parle plus de surestaries », se félicite Mohamed Kourouma.

Il note également une hausse significative de l’activité dans le secteur du transport, passé selon lui de 25 % à 90 %. Le coût du transport d’un conteneur de 20 pieds entre le port et le marché de Madina, autrefois estimé entre 900 000 et 1 000 000 GNF, s’élèverait désormais à 4 millions GNF. En parallèle, le prix du sac de riz de 50 kilos, aliment de base en Guinée, serait passé de 320 000-330 000 GNF à 240 000-250 000 GNF chez le grossiste.

Le volume quotidien de déchargement atteindrait aujourd’hui entre 3 000 et 3 500 tonnes, contre une moyenne de 1 500 à 2 000 tonnes dans certains pays voisins, affirme-t-il.

Effet d’entraînement dans d’autres secteurs

Mohamed Kourouma évoque également un effet d’entraînement sur le trafic aérien. Selon lui, grâce aux performances du port, les membres d’équipage n’éprouvent plus de difficultés pour repartir rapidement vers leur pays d’origine. « C’est pareil pour les commerçants étrangers qui peuvent quitter le pays dès la vente de leurs marchandises », ajoute-t-il.

À en croire l’opérateur économique, ces performances tiennent à trois facteurs : l’ouverture du port H24, la baisse du taux de change du dollar (passé de 9 450 à 9 100 GNF), et l’élimination des surestaries.

Selon lui, ces progrès dépassent aujourd’hui les frontières guinéennes. « Le Burkina Faso envisage de négocier avec la Guinée afin d’acheminer ses importations via le port de Conakry », conclut-il.

Sidafa Keita pour kibanyiguinee.info