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Les stagiaires de Horoya sacrifiés, l’injustice d’État que personne ne veut voir

À l’heure où le discours officiel ne jure que par la refondation de l’État, comment justifier que 49 stagiaires du Quotidien national Horoya soient laissés pour compte, dans un silence aussi méprisant qu’injustifiable ? Depuis des années, ces jeunes journalistes travaillent dans l’ombre, sans contrat, sans statut, mais avec une conscience professionnelle exemplaire. Leur seul tort semble être de ne pas appartenir au bon média d’État.

Car pendant que la RTG célébrait l’intégration de plus de 300 de ses stagiaires à la Fonction publique, ceux de Horoya se voyaient brutalement exclus du processus. Le ministère de l’Information et de la Communication, censé être le garant de l’équité entre les structures relevant de son autorité, a failli. Un concours “spécial” a été organisé. Très spécial en effet, car il n’a concerné que la RTG. Horoya, pourtant acteur essentiel du service public d’information, a été purement et simplement rayé de la carte. Sans justification. Sans explication. Sans même un mot de compassion.

Le mois dernier, dans un sursaut de dignité, les stagiaires ont adressé une correspondance au ministre Fana Soumah pour réclamer leur droit légitime à l’intégration, et rappeler ses engagements. Un courrier resté lettre morte. Une occasion ratée de redonner confiance à une jeunesse qui croit encore en l’État. Une promesse trahie.

Comment peut-on espérer construire une République juste et inclusive en marginalisant ceux qui la servent chaque jour ? Horoya, c’est l’archive vivante de la parole publique. C’est le relais des institutions, la mémoire de l’État. Et pourtant, ce journal est aujourd’hui alimenté par des “fantômes” administratifs : invisibles sur les fiches de paie, absents des décisions officielles, mais indispensables à chaque édition.

Le ministère n’a pas simplement oublié 49 stagiaires. Il a renié le principe fondamental d’égalité entre les travailleurs. Il a envoyé un message dangereux : dans cette République, certains méritent plus que d’autres, selon leur lieu de service ou leur poids médiatique. Un message que le chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, ne saurait cautionner.

Il est temps de réparer cette injustice. Intégrer les stagiaires de Horoya, ce n’est pas faire un geste de charité. C’est rendre justice. C’est respecter l’engagement républicain. C’est prouver que la refondation ne rime pas avec exclusion.

Les 49 plumes de Horoya n’ont que leur stylo et leur foi en la République. Mais elles portent une exigence simple et non négociable : l’égalité de traitement pour tous les agents de l’État. À l’autorité publique de montrer qu’elle est encore capable d’écouter, de corriger, et surtout, d’agir. Ce nouveau cri de cœur de ces journalistes de l’ombre, lancé le 7 juillet, ne doit pas être vain.

Samory Keita pour kibanyiguinee.info