Alhoussein Kaké Makanéra ne ferait plus partie de la Synergie Général Mamadi Doumbouya 2025 (SGMD 25). L’ancien ministre de l’Information et de la Communication aurait été mis à l’écart pour des raisons encore obscures.
Désormais, la relation entre Makanera et la Synergie relève du passé. Plus rien ne semble fonctionner entre lui et ses anciens compagnons du mouvement, qui s’était donné pour mission de promouvoir les acquis du CNRD et de son leader, le général Mamadi Doumbouya.
La semaine dernière, la Synergie, dirigée par Cheick Tidiane Traoré, a officiellement annoncé sa dissolution au profit de l’AFP (Alliance des forces démocratiques), un regroupement hétéroclite piloté par l’ancien député du PUP, Aboubacar Soumah.
Lors de la signature du protocole d’absorption, le 13 août à Conakry, la quasi-totalité des responsables et cadres de la Synergie étaient présents. Une absence a toutefois retenu l’attention : celle de Makanera. Les journalistes n’ont pas manqué d’interroger les dirigeants sur ce silence éloquent.
Sans vouloir entrer dans un « débat de personnes », le secrétaire exécutif national de la Synergie a laissé entendre que les relations avec l’ancien ministre étaient rompues. Les premiers signes de cette rupture étaient apparus lors d’une conférence de presse récemment initiée par Makanera, à laquelle aucun membre de la Synergie n’avait pris part. « Je n’y étais pas parce que ce n’était pas une conférence de la Synergie… Il n’y avait aucun membre fondateur », a expliqué Cheick Tidiane Traoré.
En revanche, il a souligné que la signature du protocole avait enregistré la présence de tous les membres fondateurs et des représentants des douze coordinations de Conakry. « Tous étaient présents à mes côtés », a-t-il insisté, comme pour marquer l’isolement politique de son ancien compagnon.
Pour couper court à la polémique, Traoré a par ailleurs révélé que la Synergie était née de la volonté de l’opérateur économique Kerfala Camara (KPC), avec pour mission initiale de valoriser l’image et l’action du CNRD et de son président. « Il était une fois la Synergie GMD 25. C’est terminé », a-t-il tranché, avant de préciser que son « potentiel et son héritage » appartiennent désormais à l’AFP.
Si les raisons exactes du divorce entre Makanera et la Synergie demeurent floues, des indiscrétions évoquent des pratiques jugées douteuses : l’ancien ministre aurait sollicité des fonds au nom du mouvement, sans que les membres n’en voient jamais la couleur. Accusation ou rumeur ? Le temps finira par trancher.
Ironie du sort, alors que la Synergie annonçait sa dissolution, Makanera menait en parallèle une tournée à l’intérieur du pays sous la bannière de la SGMD 25, comme s’il continuait le combat en solitaire. Un « général sans troupe » ?
Connu pour son inconstance et son opportunisme politique, la disgrâce de Makanera n’étonne finalement pas grand monde.
Sidafa Keita