Faut-il se réjouir ou s’attrister des ennuis judiciaires de l’artiste Mohamed Seydou Bangoura, alias Singleton ? Poursuivi pour « homicide involontaire », son procès s’est ouvert mercredi 3 septembre 2025 au tribunal de première instance de Coyah, où il est actuellement détenu.
Tout est parti d’un drame inattendu : un accident de la route. Le 28 septembre dernier, alors qu’il circulait à bord de son véhicule, l’artiste percute un motard, Elhadj Lamine Traoré, sexagénaire, qui décède sur le coup. L’annonce de cet accident mortel impliquant une figure populaire du hip-hop guinéen enflamme aussitôt les réseaux sociaux et alimente les débats médiatiques.
Très vite, des témoignages accusent Singleton d’avoir abandonné la victime sans assistance. Selon plusieurs versions, il serait resté longtemps enfermé dans son véhicule, alors que le blessé gisait dans son sang. Le corps de la victime a ensuite été transporté à l’hôpital préfectoral de Coyah.
Face à la colère suscitée par cette tragédie, l’artiste aurait envoyé une délégation porteuse d’une enveloppe de 2 millions GNF à la famille endeuillée, qui aurait décliné le geste. Décidée à obtenir justice, la famille a porté plainte, entraînant l’inculpation de Singleton le 1er septembre pour « homicide involontaire ». Deux jours plus tard, son procès s’est ouvert sous haute sécurité au TPI de Coyah.
Lors de la première audience, l’artiste, visiblement éprouvé, a présenté ses excuses à la famille, qui a choisi de s’en remettre à la volonté divine. Toutefois, le juge a rejeté sa demande de liberté conditionnelle et renvoyé l’affaire au 9 septembre. Singleton a regagné la prison, où il médite désormais sur son sort.
La star du hip-hop guinéen joue gros dans ce procès. En cas de condamnation, il risque jusqu’à cinq ans de prison. Une chute brutale pour un artiste au sommet de sa carrière, dont la réputation pourrait s’effondrer comme un château de cartes. Son attitude jugée par certains comme « arrogante », notamment son absence d’humanisme face à une victime mourante, lui est aujourd’hui sévèrement reprochée.
Proche du président Mamadi Doumbouya, qu’il célèbre dans plusieurs de ses morceaux, Singleton semblait croire en une forme d’impunité. Mais, comme l’a rappelé un ancien ministre de la Justice : « nul n’est au-dessus de la loi ».
La vie est pleine de surprises. Il suffit d’un instant pour que tout bascule. Cet accident mortel en est la preuve. Pour Singleton, auteur du morceau fétiche « Golo Guemè », cette tragédie restera sans doute une leçon de vie inoubliable. Cela qu’il soit condamné ou pas.
Sidafa Keita