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Crise de liquidités persistante en Guinée : comment restaurer la confiance envers l’État

Depuis plusieurs mois, l’économie guinéenne traverse une crise de liquidités sans précédent dans son histoire récente. Les consommateurs et les opérateurs économiques ont perdu confiance dans les banques primaires, en raison notamment du plafonnement des retraits d’argent.

Pour tenter de juguler cette situation, les autorités monétaires ont procédé à l’injection de nouveaux billets sur le marché afin de soulager l’économie et de restaurer la confiance des clients. Mais cette solution est-elle réellement efficace ?

Face à la gravité de la crise, certains experts se montrent prudents. Ils estiment que l’injection de nouveaux billets par la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) ne répond pas aux causes profondes du problème. Selon un ancien cadre de l’institution, l’émission de 1 400 milliards GNF supplémentaires ne ferait qu’accroître la masse monétaire en circulation et aggraver la situation, en incitant les acteurs économiques à thésauriser leurs fonds. Un cercle vicieux qui risque de se répéter.

Pour sortir de l’impasse, cet expert souligne que la priorité est de restaurer la confiance des acteurs économiques dans la gestion de l’État, tant sur le plan financier que bancaire. Deux axes sont jugés indissociables :

1.Revenir aux fondamentaux
Il s’agit d’appliquer avec rigueur les politiques budgétaires et monétaires en réduisant drastiquement le déficit de l’État, en alignant les dépenses sur les recettes, en améliorant la qualité de la dépense publique et en limitant le recours au financement monétaire par la planche à billets. La réduction des émissions de bons du Trésor et d’emprunts obligataires est également recommandée pour éviter l’effet d’éviction.

2.Assainir les pratiques bancaires

Les banques primaires doivent cesser certaines pratiques qui découragent les opérateurs économiques, telles que le rançonnement des clients ou le plafonnement excessif des retraits. Le respect strict des règles bancaires est jugé essentiel pour rétablir la confiance perdue.

En complément, l’expert appelle l’État à éviter une inflation alimentée par un déficit budgétaire excessif et des dépenses hors budget. Il préconise d’améliorer la qualité des dépenses, de respecter les textes relatifs aux financements monétaires, de promouvoir l’éthique et la déontologie bancaire, et de lever le plafonnement des retraits afin de rétablir durablement la confiance des usagers.

Sidafa Keita