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Hommage à Diallo Souleymane : la presse guinéenne fait ses adieux à un monument du journalisme

La presse guinéenne a rendu, ce jeudi, un dernier hommage à Elhadj Diallo Souleymane, fondateur du groupe de presse « Le Lynx-La Lance », décédé récemment au Canada des suites de maladie à l’âge de 81 ans.

Le symposium organisé en sa mémoire, dans la salle des congrès du Palais du peuple, a mobilisé de nombreux professionnels des médias, d’anciens collaborateurs, des membres de sa famille ainsi que des représentants des autorités du pays.

Cette cérémonie de recueillement a été marquée par de nombreux témoignages empreints d’émotion et de tristesse. Plusieurs personnalités ayant côtoyé le défunt se sont succédé à la tribune pour évoquer aussi bien son parcours académique et professionnel que les valeurs humaines qui ont façonné sa vie.

Selon les témoignages recueillis, Elhadj Diallo Souleymane a connu un parcours académique remarquable. Après ses études primaires dans sa ville natale de Labé, il a poursuivi sa formation dans plusieurs pays, notamment en Côte d’Ivoire, à l’Université Julius Nyerere de Kankan, puis en France où il a obtenu un doctorat.

Sur le plan professionnel, il a travaillé au sein du quotidien ivoirien « Fraternité Matin », où il a progressivement gravi les échelons jusqu’au poste de correcteur principal. Fort de cette expérience, il décide de regagner la Guinée afin de contribuer au développement de son pays.

Avec l’avènement du multipartisme et de la presse indépendante au début des années 1990, il fonde « Le Lynx », premier journal satirique de Guinée. Quelques années plus tard, il élargit son groupe de presse avec la création de « La Lance », puis de la radio « Lynx FM », s’adaptant constamment aux évolutions du paysage médiatique national.

Fervent défenseur de la liberté de la presse, Diallo Souleymane a mené de nombreux combats pour l’indépendance des médias, parfois au prix de sa propre liberté. Ses convictions lui ont notamment valu deux séjours en prison. Malgré les obstacles et les pressions, il est demeuré fidèle à ses principes, refusant de céder à la corruption ou aux privilèges susceptibles de compromettre son intégrité.

Ce caractère forgé par les épreuves de la vie a fait de lui une référence incontournable et une source d’inspiration pour plusieurs générations de journalistes.

Son engagement a été récompensé par de nombreuses distinctions. En 1999, il reçoit à Genève le Prix Presse et Démocratie. En 2022, ses pairs lui rendent un hommage national de son vivant pour son combat en faveur de la liberté de la presse. Le lendemain, il est élevé au rang de chevalier de l’Ordre national du Kolatier par le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya.

À l’issue de cet ultime hommage, la dépouille de ce digne descendant de Karamoko Alpha Mo Labé a regagné sa terre natale. Il repose depuis ce vendredi à Labé, aux côtés de ses ancêtres.

Paix à l’âme de celui qui fut l’un des pionniers de la presse privée guinéenne. Merci, Doyen Diallo Souleymane, pour cet héritage précieux légué aux générations présentes et futures.

Sam Keita