Après trois mois de vacances officielles, les écoles guinéennes ont rouvert leurs portes ce lundi 6 octobre sur l’ensemble du territoire national, conformément au dernier communiqué du ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation.
Si la rentrée a bien eu lieu dans la plupart des établissements sillonnés par notre rédaction, l’affluence reste faible. Bon nombre d’élèves n’ont pas encore repris le chemin de l’école, et plusieurs raisons expliquent cette reprise timide.
L’un des facteurs majeurs est l’impréparation de certains établissements scolaires, qui attendent souvent la dernière minute pour effectuer des travaux de réfection. Le jour de la rentrée, il n’est pas rare de voir des tables-bancs empilées et des gravats entassés dans la cour.
« Cette semaine, on ne va pas exiger la tenue. On va poursuivre les inscriptions et les réinscriptions, et libérer progressivement les salles de classe encore en travaux », a déclaré le directeur d’une école privée de Gbessia autour du mât ce matin.
Autre cause importante : les difficultés économiques. En raison de la conjoncture, de nombreux parents peinent à s’acquitter d’un seul coup des trois mois de scolarité exigés dans les écoles privées.
Ce matin, un père de famille rencontré devant une école confie son désarroi : « Mon frère, les temps sont durs. Faute de moyens, mes trois enfants ne reprendront pas les cours cette semaine. Pourtant, le plus âgé doit passer le CEE cette année. Je joue à la loterie, peut-être que j’aurai la chance de gagner l’argent pour leur réinscription », explique M. B, la voix chargée de tristesse.
Selon l’Observatoire national du travail, le taux de chômage en Guinée oscille entre 4,5 % et 5,8 %. À cela s’ajoute le fait que la plupart des travailleurs n’ont pas encore perçu leur salaire du mois précédent, généralement payé à partir du 5 du mois suivant. Une situation aggravée par la pénurie de liquidités qui touche le pays depuis plusieurs mois.
Fatoumatou Camara