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Félix Lamah face à l’urgence : des promesses tardives pour une crise ancienne

Il aura fallu des morts, des villages incendiés et des familles déchirées pour que l’État se décide enfin à réagir. Le conflit entre éleveurs et agriculteurs à Lola n’est pas une surprise. Il couvait depuis des années, nourri par l’absence d’arbitrage, la faiblesse des autorités locales et le silence coupable du gouvernement central.

Aujourd’hui, le ministre de l’élevage Félix Lamah promet des « zones tampons » et une « opération conjointe ». Mais ces mesures, aussi spectaculaires soient-elles, suffiront-elles à réparer des années de négligence ?

Ce réveil tardif illustre l’un des maux profonds de la gouvernance guinéenne : intervenir dans l’urgence, jamais dans la prévention. L’enlisement du conflit traduit surtout l’échec de l’État à imposer une politique foncière claire, à encadrer la transhumance et à protéger les terres agricoles comme le cheptel national.

La paix à Lola ne se décrétera pas par communiqué. Elle passera par la délimitation légale des espaces pastoraux et agricoles, la mise en place de mécanismes de compensation équitables, et surtout, un dialogue communautaire constant, porté par des autorités locales crédibles et des leaders traditionnels responsabilisés.

À force de temporiser, l’État a laissé la méfiance s’enraciner. Il est temps de reconstruire la confiance, avant que d’autres foyers de tension n’embrasent, une fois encore, la Guinée rurale.

Sidafa Keita