Les défections en chaîne au sein du RPG Arc-en-ciel, notamment à N’Zérékoré et Kankan, sonnent comme le glas d’un parti jadis tout-puissant. Abandonné par ses cadres et amputé de sa base militante, le parti d’Alpha Condé semble désormais voué à l’effacement total du paysage politique guinéen.
Ce qui se passe aujourd’hui à N’Zérékoré n’est pas un simple épisode local, mais le symbole d’un naufrage politique. Les ralliements successifs d’anciens piliers du RPG Arc-en-ciel au CNRD de Mamadi Doumbouya traduisent une rupture profonde entre un parti usé par le pouvoir et une base lassée d’attendre son renouveau.
De Adama Keïta à Madeleine Théa, en passant par des figures historiques de la coordination régionale, tous tournent désormais la page d’un régime dont l’héritage s’effrite. Rebaptisé « RPG Nouvelle Vision », le mouvement n’a plus grand-chose de commun avec celui qui, sous Alpha Condé, portait les espoirs de la Guinée des années 2010.
Les anciens fiefs du parti tombent les uns après les autres, révélant une réalité crue : sans leader, sans idéologie mobilisatrice, le RPG n’est plus qu’une coquille vide. La prétendue « refondation » engagée par ses anciens barons s’apparente moins à une renaissance qu’à une reddition politique.
Le silence d’Alpha Condé, exilé et marginalisé, achève de sceller le sort du parti qu’il avait façonné à son image : centralisé, loyaliste et fermé à toute réforme. En perdant sa base forestière et une grande partie de ses cadres, le RPG a perdu son âme.
Ainsi se referme, lentement mais sûrement, le chapitre politique d’Alpha Condé. Le RPG Arc-en-ciel, jadis instrument d’une conquête triomphale du pouvoir, n’est plus aujourd’hui qu’un souvenir d’un empire défait : celui d’un homme et de son rêve devenu mirage.
Samory Keita