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Présidentielle 2025 : seul rescapé d’une opposition laminée, Faya Millimono fera-t-il le poids face à Mamadi Doumbouya ?

La Cour suprême de Guinée a rendu publique, samedi 8 novembre 2025, la liste provisoire des candidats à la présidentielle du 28 décembre prochain. Sur les 51 dossiers déposés, seuls neuf ont été jugés recevables par l’institution judiciaire. Sans surprise, la candidature du président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a été validée.

Une opposition décapitée

L’absence de figures majeures comme Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, toujours en exil, avait déjà considérablement affaibli le camp de l’opposition. Mais un mince espoir subsistait autour de leaders politiques restés au pays, à l’image de Lansana Kouyaté (PEDN) et du Dr Ousmane Kaba (PADES). Cet espoir vient de s’éteindre. Pour cause, la Cour suprême a rejeté leurs dossiers pour des motifs techniques. L’un pour absence de copie « authentique » de la déclaration de patrimoine, l’autre pour défaut de « fiche d’identité », comme l’exige l’article 129 du nouveau Code électoral.

Cette double élimination sonne comme une disqualification politique d’un pan entier de l’opposition. Elle consacre, de fait, le triomphe du pouvoir en place qui semble verrouiller le jeu électoral avant même le scrutin. Le général Doumbouya, qui s’était engagé à ne pas se présenter avant de se raviser, apparaît désormais comme le grand favori d’une élection aux allures de plébiscite.

Faya Millimono, l’ultime carte d’une opposition exsangue

Parmi les rares candidatures validées, celle de Dr Lansana Faya Millimono, du Bloc Libéral (BL), retient particulièrement l’attention. Cet universitaire rigoureux, connu pour son franc-parler et sa constance dans la dénonciation du pouvoir militaire, se retrouve aujourd’hui seul face au rouleau compresseur du CNRD.

Candidat en 2020, il s’était alors classé quatrième derrière Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré. Mais cinq ans plus tard, le paysage politique est méconnaissable. On enregistre des exils forcés, dissolutions de partis, restrictions de libertés et la montée de la peur politique. Dans ce contexte verrouillé, le combat de Faya Millimono semble perdu d’avance, mais symbolique.

Sera-t-il capable d’incarner la résistance politique et de sauver l’honneur d’une opposition démantelée ? Le verdict des urnes, le 28 décembre 2025, nous le dira certainement.

Sidafa Keita