Site d'informations générales

Crise constitutionnelle et exclusion : la Guinée-Bissau vote sous tension

La Guinée-Bissau se rend aux urnes le 23 novembre 2025 pour des élections présidentielles et législatives marquées par des tensions politiques inédites. Le chef de l’État sortant, Umaro Sissoco Embaló, ancien général de l’armée, brigue un second mandat, ce qui serait une première dans l’histoire récente très instable du pays.

L’élection se joue dans un contexte délicat : le principal parti d’opposition, le PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert), dirigé par l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, a été exclu du scrutin pour non-respect des délais de dépôt des candidatures. Cette exclusion suscite des accusations de manipulation et d’érosion des normes constitutionnelles.

Embalo, qui promet stabilité, infrastructures et modernisation, doit affronter Fernando Dias, soutenu par certains membres du PAIGC malgré l’interdiction formelle de son parti. L’opposition dénonce également un mandat prolongé : selon elle, le président aurait dépassé la fin officielle de son mandat, contestée depuis février.

Parallèlement, les observateurs soulignent un climat électoral fragile, marqué par des tentatives de coup d’État passées et une forte polarisation. Le scrutin intéresse fortement la communauté internationale : plus de 860 000 électeurs sont inscrits, mais des inquiétudes persistent quant à la crédibilité du processus.

L’issue de ce vote pourrait être déterminante : un succès d’Embalo conforterait son autorité, mais un désaveu renforcerait les fractures institutionnelles dans un pays où la stabilité reste un pari fragile.

Fatoumatou Camara