Symposium d’adieu à Abdoulaye Sow : le Premier ministre Amadou Oury Bah s’incline devant “un baobab du monde syndical”
Le Palais du peuple a vibré d’une émotion rare, ce mercredi 4 décembre, lors du symposium consacré à feu Abdoulaye Sow, figure emblématique du mouvement syndical guinéen, décédé lundi dernier des suites d’une courte maladie. Dans la vaste salle des congrès, militants syndicaux, anciens collaborateurs, amis, proches et représentants de l’État ont convergé pour rendre un ultime hommage à celui qui, des décennies durant, a marqué les luttes sociales en Guinée.
Au premier rang, le Premier ministre Amadou Oury Bah, ami de longue date du défunt, est apparu visiblement ému. Dans une atmosphère empreinte de recueillement, il a salué la mémoire d’« un baobab du monde syndical qui se couche », une formule reprise avec force dans toute la salle tant elle résume le poids historique de l’homme que la Guinée perd.
Prenant la parole, le chef du gouvernement a tenu à rappeler que jusqu’à ses derniers instants, Abdoulaye Sow n’avait jamais cessé d’être un homme de dialogue, engagé au service de la justice sociale. « Le dernier échange que j’ai eu avec lui, c’était le samedi dernier, le soir, où on évoquait encore les modalités pratiques pour parvenir à résoudre une crise syndicale dans un secteur d’activité important qui est l’éducation nationale. Donc, en d’autres termes, jusqu’à la dernière minute, il a été un syndicaliste », a témoigné Amadou Oury Bah, la voix chargée d’émotion.
Mais au-delà de l’homme public, c’est aussi un compagnon de jeunesse qui s’en va. Le Premier ministre a évoqué la profondeur d’une relation née dans les années de formation professionnelle, au sein de la BICIGUI, devenue aujourd’hui VISTAGUI. « Dès notre prime jeunesse, nous avons contribué à bâtir progressivement le système bancaire guinéen. […] Je dois dire que c’est un compagnon qui disparaît », a-t-il rappelé, soulignant l’impact humain et professionnel d’Abdoulaye Sow.
L’assistance, marquée par la présence de nombreux cadres syndicaux et d’anciens collaborateurs, a accueilli ces mots avec gravité. Ils viennent sceller l’hommage officiel d’un État reconnaissant envers celui qui aura consacré sa vie à la défense des travailleurs et à la promotion d’un syndicalisme responsable.
Dans cette dynamique, le Premier ministre a annoncé la participation officielle du gouvernement aux obsèques prévues à Diaguissa, le village natal du défunt. « Le Gouvernement sera représenté par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, qui pourrait être accompagné par la Générale Aminata et tous les autres officiers qui pourront se libérer pour accompagner Elhadj Abdoulaye Sow à sa dernière demeure. Que son âme repose en paix et que la terre lui soit légère », a-t-il déclaré.
Le symposium s’est achevé dans le silence, empreint d’un profond respect pour un homme dont l’héritage continuera de marquer les générations syndicales à venir. Abdoulaye Sow quitte la scène, mais son combat, sa loyauté et sa vision d’un syndicalisme digne et constructif continueront de vivre dans la mémoire collective.
Sidafa Keita