Hécatombe sur la RN1 : 10 morts en moins de deux jours entre Conakry, Kindia et Mamou
Les dates du mardi 9 et mercredi 10 décembre 2025 resteront gravées dans la mémoire des populations de l’Ouest guinéen. Sur l’axe routier le plus fréquenté du pays, la Route nationale 1 (RN1), deux accidents successifs ont fait de tragiques victimes.
Le premier drame s’est produit mardi 9 décembre dans la localité de Koubassaya, sous-préfecture de Mambia (préfecture de Kindia). Un camion-benne et un minibus en provenance de Conakry se sont percutés violemment. Le choc a été d’une rare violence : les deux véhicules ont immédiatement pris feu. À l’arrivée des secours, sept personnes gisaient sans vie, toutes calcinées, et plusieurs autres étaient grièvement blessées. L’un des blessés, un apprenti nommé Nabilaye Soumah, succombera plus tard à ses blessures, portant le bilan à huit morts.
Moins de vingt-quatre heures plus tard, dans la matinée du mercredi 10 décembre, un deuxième accident survenait dans la localité de Souguéta, sur l’axe Kindia–Mamou. Un véhicule de type Verso, en provenance de Conakry, aurait « perdu le contrôle » avant de percuter plusieurs personnes se trouvant au bord de la route. Deux d’entre elles, un homme âgé et une femme, ont été tuées sur le coup. Un militaire grièvement blessé a été évacué vers un centre de santé local.
Ces nouvelles tragédies viennent s’ajouter à une série d’accidents mortels régulièrement observés sur la RN1. Le tronçon Conakry–Kindia–Mamou est déjà considéré comme l’un des plus dangereux du pays, en raison du trafic dense, de l’état souvent précaire des véhicules, mais aussi du comportement parfois imprudent de certains conducteurs et usagers.
Ces deux accidents successifs, révèlent tragiquement l’extrême vulnérabilité des usagers de la RN1 face à l’imprudence (excès de vitesse, dépassements dangereux ou manque de vigilance), mais aussi face à un système routier fragile. À travers ces drames, ce n’est pas seulement la fatalité qui frappe : c’est l’échec collectif, des conducteurs, des passagers, mais aussi de l’État, à garantir la sécurité des citoyens. Tant que des mesures concrètes de prévention (contrôles, sensibilisation, infrastructures, entretien routier) ne seront pas régulièrement mises en œuvre, il y aura des drames sur cette route.
Fatoumatou Camara