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Abus sexuel à Kindia : il attire quatre fillettes âgées de 7 à 10 ans, vendeuses de rue dans sa chambre, les viole sauvagement et les oblige de filmer la scène

À Kolenté, sous-préfecture située à une cinquantaine de kilomètres de Kindia, l’horreur a franchi les murs d’une chambre pour s’installer au cœur du débat public. Un jeune homme d’une vingtaine d’années a été interpellé quelques jours après avoir abusé sexuellement de quatre fillettes âgées de 7 à 10 ans. Les faits, rapportés par la presse locale, ont provoqué une onde de choc dans la région.

Selon les informations recueillies, le suspect attirait les enfants avant de commettre ses actes. Le caractère particulièrement glaçant de cette affaire réside dans un détail insoutenable : pendant qu’il agressait l’une des victimes, il obligeait les autres à filmer la scène avec son téléphone. Les enquêteurs disposent de témoignages et de vidéos. Les fillettes, originaires de Kolenté, sont actuellement prises en charge à Kindia, où elles ont subi des examens médicaux confirmant des violences sexuelles. Le dossier a été transmis à un juge d’instruction et l’auteur présumé est détenu à la maison centrale.

Pour Maciré Touré, présidente de l’ONG Femme Aussi et coordinatrice du groupe de lutte contre les violences basées sur le genre, il n’y a aucune ambiguïté : « Un enfant de 7 ans ne peut pas consentir ». Le fait que certaines victimes aient été contraintes de filmer ne change rien à la qualification des faits : il s’agit bien d’un viol.

Mais ce crime sordide révèle surtout une réalité sociale dérangeante. Ces enfants n’étaient pas protégées. Elles étaient dans la rue, livrées à elles-mêmes. Comme tant d’autres à Kindia, elles étaient envoyées plateau sur la tête pour vendre de l’eau, des bananes ou des chewing-gums, pour quelques milliers de francs. Une pratique banalisée, tolérée, presque normalisée, mais qui constitue une violation flagrante des droits de l’enfant.

Envoyer un enfant vendre dans la rue, c’est l’exposer aux accidents, aux violences, aux abus sexuels et à l’exploitation. La responsabilité des parents est engagée, même lorsque la pauvreté est invoquée. La précarité explique des choix douloureux, mais elle ne peut justifier l’abandon du devoir fondamental de protection.

L’État, lui aussi, est interpellé. Garant des droits de l’enfant, il est censé prévenir le travail des mineurs, assurer la scolarisation, soutenir les familles vulnérables et protéger les enfants contre toutes les formes de violences. Réagir après les drames ne suffit plus. La protection de l’enfance doit être une politique publique prioritaire, préventive et rigoureusement appliquée.

Le drame de Kolenté est un avertissement. Une société qui tolère que ses enfants grandissent dans la rue accepte qu’ils y soient brisés.

Touraman Keita