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Investiture de Mamadi Doumbouya : une main tendue à la classe politique pour refonder la Guinée

Samedi 17 janvier 2026. La République de Guinée a officiellement tourné la page de la transition politique après quatre années d’incertitudes. Élu dès le premier tour de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 avec 86,72 % des suffrages exprimés, le candidat indépendant du Mouvement Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), Mamadi Doumbouya, a été officiellement investi Président de la Cinquième République pour un mandat de sept ans.

La cérémonie d’investiture, exceptionnellement délocalisée au stade Général Lansana Conté de Nongo, a été marquée par la présence de huit chefs d’État africains, ainsi que de nombreuses délégations africaines et internationales. Devant une foule nombreuse, et conformément aux dispositions de l’article 59 de la Constitution, le président élu a prêté serment sous la supervision de la Cour suprême, scellant ainsi le pacte républicain entre le chef de l’État et le peuple souverain.

Dans son adresse solennelle, l’institution judiciaire a rappelé que la Constitution n’est pas « un simple document juridique », mais bien la boussole du vivre-ensemble national.

La main droite levée, Mamadi Doumbouya a juré de respecter et de faire respecter la Constitution, acceptant, en cas de parjure, de subir la rigueur de la loi. Aussitôt après, il a prononcé son premier discours présidentiel, ouvrant officiellement son septennat.

Une reconnaissance de la solidarité africaine

Dans son allocution, le nouveau chef de l’État a salué la mobilisation exceptionnelle des chefs d’État et délégations présentes, qu’il a qualifiée de marque de solidarité, d’amitié et de reconnaissance internationale à l’égard de la Guinée.

Plusieurs chefs d’Etat africains et de délégations dont l’UA et la CEDEAO présents à l’investiture du président Mamadi Doumbouya au stade GLC de Nongo le 17 janvier 2026

Pour Mamadi Doumbouya, cette forte participation témoigne de l’importance historique de l’événement et du retour progressif du pays dans le concert des nations.

Face aux attentes, un président qui rassure

Élu avec un score massif, Mamadi Doumbouya hérite d’un pays confronté à de profondes difficultés socioéconomiques. Une large frange de la population vit sous le seuil de la pauvreté, conséquence de décennies de mauvaise gouvernance.

Conscient de ces défis, le président affirme mesurer « pleinement la responsabilité immense » que lui a confiée le peuple guinéen.

Il promet une gouvernance participative, fondée sur l’écoute, l’inclusion et la recherche du consensus, afin de bâtir une Guinée prospère, stable et pacifiée.

Une main tendue à la classe politique

Malgré son plébiscite, le président élu n’ignore pas les tensions politiques persistantes. Sur une cinquantaine de prétendants déclarés à la magistrature suprême, seuls neuf candidats avaient été validés par la Cour suprême. Des figures politiques majeures, telles que Lansana Kouyaté ou Dr Ousmane Kaba, avaient été écartées à la dernière minute. D’autres leaders, à l’image de Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Alpha Condé, vivent en exil depuis plus de deux ans.

Conscient de ce climat de frustration et d’exclusion, Mamadi Doumbouya a lancé un appel solennel à l’unité nationale. « Ma main reste tendue à toutes les filles et à tous les fils de Guinée », a-t-il déclaré, insistant sur l’impossibilité de bâtir un pays dans la division ou la haine.

Un septennat dédié aux femmes et à la jeunesse

Le président a également dédié son mandat aux femmes guinéennes, qu’il considère comme la force motrice de l’économie nationale et le pilier central de la société. Il a salué leur résilience et leur rôle quotidien dans la survie des familles.

La jeunesse n’a pas été oubliée. « Un pays qui abandonne sa jeunesse compromet son avenir », a-t-il martelé, promettant des politiques publiques orientées vers l’emploi, la formation et l’innovation.

Simandou 2040, le programme de l’espérance

Abordant le projet minier stratégique Simandou 2040, Mamadi Doumbouya a réaffirmé sa volonté de faire des ressources naturelles un levier de développement inclusif. Il s’est engagé à transformer les minerais en emplois, les infrastructures en opportunités et le potentiel économique en prospérité partagée.

« Simandou n’est pas un projet pour quelques-uns, mais pour chaque Guinéen », a-t-il insisté, promettant des institutions solides, crédibles et fondées sur la responsabilité, la compétence et la redevabilité.

Photo de famille prise avec les membres de la Cour Suprême

Touraman Keita