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Drame conjugal à Kouroussa : une balle pour sa femme, la mort pour lui

À Koumana, petit matin ordinaire devenu scène d’horreur. Ce mardi 20 janvier 2026, alors que le village s’éveillait à peine, un drame familial a fauché deux destins et plongé toute une communauté dans la stupeur, selon mediaguinee qui a rapporté les faits.

Aux premières lueurs du jour, les habitants reviennent de la prière. Le calme règne encore dans les concessions quand un premier coup de feu déchire l’air. Mamoudou Condé vient de presser la détente d’un pistolet artisanal. La balle atteint son épouse à bout portant. Gravement touchée, elle s’effondre, entre la vie et la mort.

Dans la cour, la confusion s’installe. Interpellé par un proche, l’homme tente de dissiper l’inquiétude. Il laisse entendre qu’il s’agit d’un incident sans gravité, d’un tir accidentel n’ayant blessé personne. Le doute retombe brièvement. Chacun regagne sa chambre. Mais le répit est de courte durée.

Quelques minutes plus tard, un second coup de feu retentit, plus lourd, plus définitif. Alerté, un membre de la famille accourt. À l’intérieur de la chambre, le spectacle est insoutenable : Mamoudou Condé gît au sol, baignant dans son sang. Cette fois, l’arme ne s’est pas trompée de cible. L’homme s’est donné la mort sur-le-champ.

Pendant ce temps, son épouse lutte pour survivre. Transportée en urgence à l’hôpital préfectoral de Kouroussa, son état critique impose une évacuation immédiate vers Kankan, où elle est prise en charge par des services spécialisés. Les médecins confirment la gravité des blessures, sans se prononcer sur l’issue.

Dans la famille, l’incompréhension domine. Les proches décrivent un couple sans histoire apparente, encore vu la veille dans une ambiance conviviale. Aucun conflit connu, aucun signe avant-coureur. Juste une matinée ordinaire qui bascule sans explication.

Les forces de sécurité ont été saisies dès la découverte du corps. Une enquête a été ouverte pour éclaircir les circonstances exactes de ce drame conjugal qui soulève de nombreuses questions, notamment sur la circulation des armes artisanales et les violences intrafamiliales en milieu rural.

À Koumana, le village tente désormais de panser une plaie invisible, laissée par deux détonations qui continueront longtemps de résonner dans les mémoires.

Fatoumatou Camara