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Disparitions en Guinée : Alexis Deswaef dénonce le silence des autorités et réclame la vérité

Le président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Alexis Deswaef, a appelé lundi les autorités politiques et judiciaires guinéennes à apporter des réponses sur les cas de disparition, qu’il considère comme une situation « totalement inacceptable ».

S’exprimant lors d’une conférence de presse co-animée à Conakry par l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA), l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme et du citoyen (OGDH) et la FIDH, Alexis Deswaef a insisté sur la nécessité de faire la lumière sur les dossiers des personnes disparues.

« Les disparitions sont un problème majeur. Totalement inacceptable. Et le gouvernement et les autorités au sens large, que ce soit politiques et judiciaires, ne peuvent pas rester silencieuses face à cette disparition », a-t-il déclaré.

Le président de la FIDH a indiqué que la question avait également été soulevée lors d’une rencontre avec le procureur général. Selon lui, les organisations ont notamment demandé si des enquêtes « indépendantes et impartiales, approfondies » étaient menées, notamment en lien avec les fosses communes.

Il affirme que le procureur général s’est alors « retranché derrière le secret des enquêtes ».

Pour Alexis Deswaef, le parquet, en accord avec les juges d’instruction, doit néanmoins communiquer afin de permettre au public d’obtenir des réponses. « Nous avons le droit à la vérité », a-t-il insisté, en s’interrogeant sur l’existence d’enquêtes en cours et sur les éventuelles mesures prises.

« Si des personnes sont responsables, qu’elles soient poursuivies », a-t-il ajouté.

Le président de la FIDH a également évoqué les conséquences des disparitions forcées sur les défenseurs des droits humains et leurs familles. Il estime qu’elles produisent un « chilling effect », c’est-à-dire un « effet refroidissement », susceptible, selon lui, de « geler l’ensemble de la société civile ».

Alexis Deswaef a enfin appelé les autorités guinéennes à entendre cette préoccupation et à agir, estimant que leur silence sur cette question « devient plus que problématique ».

Sidafa Keita