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Assainissement de la presse en Guinée : la HAC rappelle les règles de création et met les autorités communales de Matoto à contribution

La Haute Autorité de la Communication (HAC) poursuit sa campagne de sensibilisation sur les conditions de création des médias en Guinée. Le vendredi 23 octobre 2026, une délégation de l’institution s’est rendue à la mairie de Matoto pour expliquer aux autorités communales et religieuses les exigences légales encadrant le secteur et solliciter leur implication dans l’assainissement de la presse.

Conduite par les commissaires Elhadj Fodé Bouya Fofana et Fanta Dopavogui, accompagnés du superviseur communal Almamy Samory Keita, la délégation a été reçue par le secrétaire général de la commune, Bangaly Oularé, entouré de plusieurs responsables locaux.

Le commissaire Elhadj Fodé Bouya Fofana a insisté sur la nécessité d’une collaboration entre la HAC et les autorités locales pour assainir la profession et prévenir les dérives dans l’espace médiatique.

« Tous vos événements doivent être couverts par les journalistes reconnus, qualifiés », a-t-il recommandé, invitant les autorités à s’appuyer sur les professionnels de la communication pour leurs activités officielles.

Il a également mis en garde contre les conséquences des propos incontrôlés : « La parole, c’est une arme à destruction massive. » Pour lui, la maîtrise de la communication constitue un enjeu de paix, de stabilité et de cohésion sociale.

Elhadj Fodé Bouya Fofana a par ailleurs recommandé que les sites institutionnels des mairies, des préfectures et des autres institutions publiques soient gérés par des professionnels de la communication.

La commissaire Fanta Dopavogui a expliqué les distinctions entre les médias imprimés, les sites d’information en ligne, les radios, les télévisions et les Web TV. A cet effet, elle est revenue sur le guide pratique de la HAC relatif aux conditions de création des médias en République de Guinée. Elle a notamment précisé que la création d’un site d’information ne confère pas automatiquement le droit d’exploiter une Web TV, dont la création et le fonctionnement sont soumis à des exigences spécifiques.

Elle a notamment souligné qu’« une page Facebook, une chaîne YouTube ou un compte TikTok, etc., ou un direct occasionnel ne constituent pas à eux seuls une Web TV ».

Son intervention s’est appuyée sur les deux textes fondamentaux encadrant le secteur : la loi organique L/2020/010/AN de juillet 2020 relative à la Haute Autorité de la Communication (HAC) et la loi organique L/2010/02/CNT/ du 22 juin 2010 portant sur la liberté de la presse en République de Guinée.

Elle a également insisté sur le caractère professionnel que doit revêtir la presse en ligne et sur les exigences administratives, techniques et financières liées à l’exploitation des médias audiovisuels.

Le superviseur communal, Almamy Samory Keita, a, quant à lui, présenté la situation actuelle des médias dans la commune. Il a indiqué que 16 médias y avaient été recensés, dont 12 sites d’information, trois Web TV non conformes à la réglementation et une radio, tout en précisant que ce recensement n’était pas exhaustif. Il a également attiré l’attention sur les difficultés liées au fonctionnement de certains médias et sur les plateformes qui ne respectent pas les procédures légales requises.

La rencontre a également fait apparaître des insuffisances concernant le site institutionnel de la commune. À la suite de cette observation, la cellule de communication communale a promis de se conformer aux normes applicables.

L’absence du maire, des vice-maires et des conseillers communaux a, en outre, été relevée par le commissaire Fodé Bouya Fofana.

Au-delà de la sensibilisation, cette rencontre rappelle une exigence fondamentale : la liberté de la presse ne saurait être confondue avec l’absence de règles. Les médias jouent un rôle essentiel dans l’information des citoyens, mais leur crédibilité repose sur le professionnalisme, la responsabilité et le respect des textes en vigueur.

Les autorités publiques, les promoteurs de médias, les journalistes et les citoyens sont tous interpellés. L’assainissement du paysage médiatique ne peut réussir sans une prise de conscience collective, une application équitable de la loi et une communication responsable au service de la paix et de la cohésion sociale.

Sékou Amadou