La presqu’ile de Kaloum située dans la commune du même nom serait-elle devenue la partie la plus incertaine de Conakry. Depuis quelques mois, l’on enregistre une succession de faits caractérisés par l’insécurité dans cet endroit huppé de la capitale.
Dans un passé récent, c’était encore le lieu le plus sûr de la capitale voire du pays. Notamment du fait de son importance car, au-delà d’être le principal centre des affaires et de l’administration publique, c’est le siège de la Présidence de la République. C’est l’endroit où nous étions mieux en sécurité que nulle part ailleurs.
Curieusement, depuis quelques mois, ce qui ne serait plus une réalité. Le diable ayant élu quartier, ce mythe sécuritaire qui rassurait les habitants de ce coin chic de la capitale n’est plus qu’un lointain souvenir.
Les évènements inhabituels qui s’y produisent en font foi.
Ce matin du 1er février, le sanctuaire était en ébullition. Les sinistrés de l’explosion du dépôt central de Coronthie ont investi la ville pour dénoncer l’amateurisme de l’Etat suite à mauvaise gestion de la crise.
Se sentant trahies et abandonnées par l’Etat, les victimes ont érigé des barricades sur toutes les principales artères et bretelles des quartiers. Les femmes qui étaient à l’avant poste ont bloqué tous les accès menant au centre ville. Paralysant ainsi les activités. La situation ne se normalisera que dans l’après midi, après usage de force de l’Etat.
Il ya environ deux mois, le même endroit a été frappé par une tragédie qui a choqué l’opinion. L’explosion du dépôt d’hydrocarbures qui a fait une vingtaine de morts et des milliers d’autres victimes.
Peu avant ce drame, les « kaloumkas » ont vécu, en novembre 2023, un évènement surréaliste, inspiré des films hollywoodiens. Une opération insolemment exécutée sous le nez et la barbe des dirigeants par un commando qui fit évader des détenus, non des moindres, de la maison centrale, pourtant censée être la prison la plus sécurisée du pays.
Tous ces évènements majeurs se sont produits au cœur de Kaloum, non loin du palais présidentiel. « La tanière du lion » dont les murailles ne seraient plus stables. A cause des fissures provoquées par l’onde de choc de bruits assourdissants d’un peuple en désillusion.
Samory Keita pour kibanyiguinee.info