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REJAC 2025 : la Guinée accueille la première édition africaine de la Rencontre des Journalistes Africains de Conakry

La REJAC (Rencontre des Journalistes Africains de Conakry) s’apprête à organiser sa toute première édition sur le sol africain, précisément en Guinée, ce vendredi 28 juin 2025, dans un réceptif hôtelier de Conakry.

Ce matin, le comité d’organisation a animé une conférence de presse pour faire le point sur les préparatifs de cet événement inédit, qui ambitionne de positionner la Guinée comme un pôle d’échanges et de réflexion pour les journalistes africains, autour des enjeux actuels et futurs de la profession.

Le thème principal retenu pour cette journée de partage est : « Journalisme et Intelligence Artificielle »- un sujet plus que jamais incontournable. Les opportunités et les limites de cet outil technologique seront explorées tout au long des échanges. Deux autres thématiques viendront enrichir les débats : « La presse écrite à l’ère du numérique » et « Le journalisme face au risque de manipulation », animées par des panélistes guinéens et africains.

Pour Lamine Mognouma Cissé, président du comité d’organisation, l’objectif est clair : faire de cet événement une réussite collective, malgré les difficultés rencontrées depuis le lancement de l’initiative. Il appelle ses confrères à une mobilisation forte :

« Toutes les dispositions sont prises, tant bien que mal, c’est vrai, avec des difficultés que nous surmontons à notre manière. Quand on tient à une initiative dont on est convaincu de la pertinence, on doit mettre toutes les chances de son côté. Cet événement est conçu par et pour les journalistes. Il n’y a donc aucune raison d’imposer des restrictions. Nous comptons sur vous pour en être les relais auprès d’autres confrères. »

De son côté, Ismaël Camara, coordinateur du comité, insiste sur l’ambition de faire de Conakry une capitale du dialogue médiatique africain, à l’image d’autres grandes villes du continent.

« Au départ, on visait une dizaine de confrères étrangers. Finalement, cinq journalistes chevronnés venus du Burkina, du Mali et du Sénégal seront des nôtres. Ce sont des professionnels aguerris, avec une solide expérience à partager. Ils viendront échanger avec nos talents locaux, car la Guinée regorge aussi de journalistes d’expérience. »

Poursuivant, il détaille ensuite le programme de la journée :

« Le thème central, c’est l’intelligence artificielle et le journalisme. Il s’agira d’en discuter avec des professionnels, chercheurs et professeurs, notamment de l’ISIC de Kountia. L’IA est de plus en plus présente dans notre métier : quelles sont ses limites ? ses opportunités ? quels pièges éviter ? Ensuite, nous aborderons les mutations de la presse écrite à l’ère du numérique : comment s’adapter, se réinventer ? Enfin, nous discuterons du risque de manipulation, qui touche tous les médias, qu’ils soient écrits, audiovisuels ou en ligne. Comment les détecter ? Comment y résister ? Ce seront des pistes de réflexion concrètes, dans un souci d’amélioration de notre pratique professionnelle. »

Pour Boubacar Sanso Barry, membre du comité, la REJAC se veut un événement pensé par les médias et pour les journalistes, avec l’ambition d’élever le niveau du débat médiatique guinéen à l’échelle continentale.

« Tous ceux qui organisent cet événement sont des journalistes. Et nous avons vraiment envie que vous soyez là. Ce n’est pas seulement un rendez-vous pour parler de ce qui se passe chez nous. Face aux bouleversements qui traversent l’Afrique et le monde, nous devons participer à la réflexion sur l’avenir du journalisme. Il ne s’agit pas que les autres pensent pour nous. Cette journée est une co-construction. »

Plus loin, il souligne l’importance stratégique de la rencontre en matière de diplomatie médiatique :

« Beaucoup d’entre nous sont fiers de dire qu’ils ont assisté à un sommet en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire, ailleurs. Mais pourquoi ne pas être aussi fiers d’accueillir ? Il faut que des confrères d’autres pays puissent dire : nous avons été en Guinée, nous avons participé à un événement sur le journalisme. C’est notre part de contribution à la valorisation de la diplomatie guinéenne. »

Avant de conclure par une annonce forte : « Ce rendez-vous ne s’arrête pas au 28 juin. L’idée est de créer un réseau de journalistes africains, pour continuer la réflexion. Aujourd’hui, avec tous les canaux de communication disponibles, il est possible de faire vivre ce débat bien au-delà de la rencontre de Conakry. »

Ibrahima Camara pour kibanyiguinee.info