Après plus de deux mois passés dans des sites de recasement, les familles victimes des inondations de 2025 ont commencé à bénéficier d’une assistance humanitaire renforcée. Ce mercredi matin, 17 septembre 2025, la cour de la Maison des jeunes de Coyah a accueilli des centaines de sinistrés venus recevoir des vivres et des équipements essentiels.
Chaque ménage a reçu cinq sacs de riz de 50 kg, un bidon d’huile de 10 litres, un carton de lait, un sac de sucre de 10 kg et un matelas. Pour beaucoup, cette distribution constitue un soulagement après des semaines marquées par l’incertitude.
Le Directeur général de l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH), M. Lancei Touré, a rappelé que l’accompagnement des familles vulnérables est au cœur de la mission de son institution. « Chaque année, nous facilitons l’hébergement de centaines de familles dans les écoles, avec une prise en charge médicale incluse. Cette année encore, plusieurs femmes enceintes et allaitantes ont été recasées, et l’une d’elles a même accouché dans une structure hospitalière », a-t-il indiqué.
Si l’État a pris une part centrale dans la réponse, la solidarité citoyenne et l’appui du secteur privé ont également été décisifs. La société Orange Guinée a notamment contribué à hauteur de 100 millions de francs guinéens dès les premières heures de la catastrophe.
Selon l’ANGUCH, les prochaines actions cibleront l’achat de fournitures scolaires pour les enfants sinistrés, ainsi que le dossier du glissement de terrain de Manéah, dont le plan de relogement est en cours d’évaluation.
Le bilan provisoire des inondations à la date du 15 septembre fait état de 49.230 personnes affectées, dont 149 femmes enceintes et 694 femmes allaitantes. On déplore également 59 décès et 10 disparus répartis dans 15 communes urbaines du pays. Outre les pertes humaines, les infrastructures de base (puits, latrines et habitations) ont subi de lourds dégâts.

À Coyah, les familles libérant les sites d’hébergement expriment à la fois gratitude et inquiétude. « Nous remercions Dieu et les autorités, mais nous espérons que l’aide continuera, surtout pour nos enfants qui doivent reprendre l’école », témoigne Sanassa Camara, une jeune nourrice.
L’urgence humanitaire reste présente, mais le défi du relèvement durable demeure. Une bataille que l’ANGUCH et ses partenaires affirment vouloir poursuivre, avec le soutien du gouvernement.
Fatoumatou Camara