Grève générale dans l’éducation : lâchés par le SLECG, le SNE et la FSPE jouent leur va-tout
Le secteur éducatif guinéen a connu ce lundi un début de semaine sous tension, marqué par l’entrée officielle en grève générale illimitée déclenchée par l’intersyndicale composée du Syndicat national de l’éducation (SNE) et de la Fédération syndicale et professionnelle de l’éducation (FSPE).
Mais dès les premières heures, le mouvement a révélé sa faiblesse : le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), l’un des syndicats les plus structurés du pays, a choisi de se désolidariser, brisant l’unité syndicale et fragilisant la portée de la grève.
Sur le terrain, le constat est contrasté. Dans plusieurs écoles de Conakry et de l’intérieur du pays, les salles de classe sont restées ouvertes, certaines avec des élèves présents mais des effectifs d’enseignants réduits. Dans d’autres établissements, notamment dans les zones périurbaines, l’appel à la grève a été davantage suivi, perturbant le déroulement normal des cours.
Le mot d’ordre, annoncé après l’échec des négociations avec le gouvernement autour du statut particulier revendiqué par les enseignants, devait entraîner une paralysie quasi totale du système éducatif. Mais l’absence du SLECG a visiblement pesé : beaucoup d’enseignants ont préféré attendre l’évolution du dialogue plutôt que de se joindre au mouvement dès le premier jour.
Dans un communiqué rendu public ce week-end, le SLECG a réaffirmé qu’il privilégie la poursuite des discussions avec les autorités, estimant que « la négociation n’est pas arrivée à un point de rupture ». Une position que le syndicat assume pleinement, au risque d’apparaître comme un frein à la mobilisation mais qu’il présente comme un « choix responsable dans l’intérêt des enseignants ».
Du côté des grévistes, la fracture est un coup dur. Le SNE et la FSPE, désormais seuls à porter le mouvement, jouent leur va-tout pour maintenir la pression. Les deux organisations appellent leurs militants à la fermeté, assurant que l’absence d’un partenaire ne doit pas enterrer leurs revendications.
En face, le ministère de l’Éducation a demandé aux directions d’écoles de veiller à la « continuité pédagogique », misant lui aussi sur la division syndicale pour éviter une paralysie durable du secteur.
Au terme de cette première journée, la grève apparaît partiellement suivie, loin de l’effet de blocage attendu. Mais si les lignes ne bougent pas dans les jours à venir, le bras de fer pourrait s’intensifier, au risque d’un enlisement dont élèves, parents et enseignants seraient les premiers à payer le prix.
Sékou Amadou