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Monnaie unique : la Guinée serait-elle en passe de devenir la locomotive du lancement de l’ECO ?

L’une des principales décisions issues du 69 Sommet ordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tenu le 19 juillet 2026 à Freetown, en Sierra Leone, est la relance du projet de monnaie unique régionale, l’ECO, dont le lancement progressif est désormais annoncé pour 2027.

À cette occasion, la Guinée a officiellement intégré la Task-Force présidentielle chargée d’accélérer la mise en œuvre de ce projet stratégique. Une décision qui témoigne de la confiance accordée au pays et qui renforce son rôle dans l’architecture économique régionale.

Le lancement effectif de l’ECO en 2027, comme l’a annoncé la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, reste soumis au respect des critères de convergence économique fixés par l’organisation. Si la concrétisation de cette échéance demeure à confirmer, un élément retient déjà l’attention : la place désormais occupée par la Guinée dans ce processus.

En marge du sommet, la demande d’adhésion de la Guinée à la Task-Force présidentielle n’a suscité aucune objection. Elle a été adoptée à l’unanimité par les États membres. Cette décision apparaît comme une reconnaissance des progrès économiques enregistrés par le pays ces dernières années.

Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), la croissance économique guinéenne poursuit une trajectoire ascendante. Après un taux de croissance de 6,1 % en 2024 et 7,2 % en 2025 le produit intérieur brut (PIB) devrait atteindre environ 8,7 % en 2026.

Parallèlement, l’inflation, qui évoluait autour de 8,1 %, a fortement reculé pour se situer entre 3,1 % et 3,5 %. Cette amélioration est largement attribuée à la politique monétaire conduite par la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), conjuguée à une gestion budgétaire plus rigoureuse.

La Guinée peut-elle devenir l’un des moteurs de l’ECO ? Parmi les principaux critères de convergence retenus par la CEDEAO figurent notamment la stabilité des prix, la maîtrise de l’inflation, la discipline budgétaire et la solidité des équilibres macroéconomiques.

Au regard de l’évolution récente de ses indicateurs économiques, la Guinée semble aujourd’hui mieux positionnée qu’auparavant pour satisfaire une partie de ces exigences. Son intégration à la Task-Force présidentielle pourrait ainsi renforcer son influence dans le processus de préparation de la future monnaie unique.

Sans préjuger des décisions qui seront prises par les instances de la CEDEAO, tout porte à croire que le pays pourrait jouer un rôle de premier plan dans les prochaines étapes de mise en œuvre du projet.

L’ECO est le projet de monnaie unique porté par la CEDEAO afin de renforcer l’intégration économique régionale.

Selon les orientations adoptées lors du dernier sommet, sa mise en circulation devrait s’effectuer progressivement à partir de 2027. Les États répondant aux critères de convergence seraient les premiers à intégrer la nouvelle zone monétaire, tandis que les autres bénéficieraient d’un accompagnement technique leur permettant de rejoindre le dispositif à mesure qu’ils rempliront les conditions requises.

À terme, l’ECO a vocation à remplacer les monnaies actuellement utilisées par les États membres, notamment le franc CFA dans les pays concernés, ainsi que les monnaies nationales des autres États de la CEDEAO.

Au-delà de l’unification monétaire, cette réforme vise à faciliter les échanges commerciaux intra-communautaires, réduire les coûts des transactions financières, renforcer la stabilité macroéconomique et consolider la souveraineté économique de l’espace ouest-africain.

Annoncé initialement pour 2020, le lancement de l’ECO a été reporté à plusieurs reprises en raison de difficultés liées au respect des critères de convergence, aux chocs économiques internationaux et aux disparités entre les économies de la sous-région.

L’échéance de 2027 marque donc une nouvelle étape importante. Si les engagements pris par les États membres sont effectivement tenus, l’Afrique de l’Ouest pourrait enfin concrétiser l’un des projets d’intégration économique les plus ambitieux de son histoire.

Sam Keita