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Déguerpissement à Daresalam : Alseny Camara alias Gilbert, propriétaire d’un immeuble R+5, se dit « choqué »

Revenu d’Allemagne pour passer quelques jours auprès de sa famille, Alseny Camara, plus connu sous le nom de Gilbert, ne s’attendait certainement pas à vivre un tel choc.

Son imposant immeuble R+5, construit sur un domaine familial à Daresalam 2, figure désormais parmi les bâtiments marqués dans le cadre de l’opération de déguerpissement des riverains de la décharge.

Encore sous le coup de l’émotion, il affirme se remettre à la décision des autorités, tout en dénonçant la manière dont elle est mise en œuvre.

Un immeuble devenu le symbole du quartier

À Daresalam 2, difficile de manquer cet immeuble recouvert de carreaux blancs. Dominant le secteur, il est devenu au fil des années l’un des bâtiments les plus connus du quartier. L’édifice appartient à Alseny Camara, artiste guinéen installé dans ce quartier depuis 1993.

En séjour en Guinée, Gilbert se trouvait à Coyah, à une cinquantaine de kilomètres de Conakry, lorsque des agents de la DATU sont passés marquer sa maison. Alerté par ses proches, il rentre précipitamment. À son arrivée, il découvre plusieurs croix rouges apposées sur son immeuble, signe qu’il est concerné par une prochaine démolition.

« Personne ne m’a expliqué ce qui se passait »

Pour le propriétaire, rien ne laissait pourtant présager une telle décision. Située à environ une centaine de mètres de la décharge de Daresalam 2, la concession semblait jusque-là épargnée. Mais depuis le passage des agents, l’angoisse s’est installée chez les occupants.

Assis dans une cafétéria du quartier, en train de siroter une tasse de café, Gilbert tente encore de comprendre ce qui arrive à sa famille. Visiblement déstabilisé, il assure n’avoir reçu aucune explication.

« On a marqué le bâtiment sans me consulter, sans m’informer et sans me donner de préavis. »

Selon lui, aucun responsable ne s’est présenté pour expliquer les raisons du marquage ou les modalités de l’opération.

« C’est choquant »

Au-delà de son immeuble, Gilbert dit penser à toutes les familles touchées par cette mesure.  Au lendemain seulement du drame provoqué par l’éboulement de la décharge de Daresalam 2, qui a endeuillé de nombreux ménages, il estime que les habitants traversent une nouvelle épreuve.

« C’est choquant. Les citoyens sont encore en deuil et personne ne semble mesurer la douleur qu’ils vivent. Nous attendons de voir ce que les autorités décideront pour la suite. », fulmine-t-il.

Comme de nombreux riverains, Alseny Camara reste, impuissant face à la situation, dit se remettre aux décisions des autorités.

Sidafa Keita