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Remaniement ministériel en Guinée : entre jeu de chaises musicales, retour de figures connues et nouveaux visages

Le premier gouvernement de la Cinquième République n’aura finalement vécu qu’un peu plus de cinq mois. Dans un décret lu ce lundi 27 juillet sur les antennes de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG), le président de la République, Mamadi Doumbouya, a procédé au premier remaniement ministériel depuis son investiture.

Si le Premier ministre, Amadou Oury Bah, conserve son poste, tout comme une large majorité des membres de son équipe, plusieurs changements majeurs ont été opérés. Entre maintien de certains ministres, permutations de portefeuilles, nouvelles nominations et retour d’anciens membres du gouvernement, ce remaniement redessine l’architecture de l’exécutif.

Un gouvernement élargi

Nommé en février dernier, quelques semaines après l’investiture du chef de l’État, le premier gouvernement de la Cinquième République connaît ainsi sa première recomposition.

La nouvelle équipe gouvernementale passe de 27 départements ministériels et deux secrétariats généraux à 28 départements ministériels et deux secrétariats généraux, traduisant une légère extension de l’appareil gouvernemental.

Les inamovibles

Dix-huit ministres et secrétaires généraux, avec rang de ministre, conservent leurs fonctions sans changement de portefeuille.

  • Ibrahima Sory 2 Tounkara : Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme ;
  • Ahmed Mohamed Oury Diallo : ministre de la Sécurité et de la Protection civile ;
  • Morissanda Kouyaté : ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger ;
  • Mariama Ciré Sylla : ministre de l’Économie, des Finances et du Budget ;
  • Ismaël Nabé : ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement ;
  • Mory Condé : ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale ;
  • Faya François Bourouno : ministre de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique ;
  • Bouna Sylla : ministre des Mines et de la Géologie ;
  • Moussa Moïse Sylla : ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat ;
  • Khaïté Sall : ministre de la Santé et de l’Hygiène publique ;
  • Facinet Sylla : ministre des Infrastructures ;
  • Ousmane Gaoual Diallo : ministre des Transports ;
  • Mourana Soumah : ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation ;
  • Laye Sékou Camara : ministre de l’Énergie ;
  • Aboubacar Camara : ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures ;
  • Mohamed Lamine Sy Savané : ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire ;
  • Tamba Benoît Kamano : ministre secrétaire général du Gouvernement ;
  • Karamo Diawara : ministre secrétaire général des Affaires religieuses.

Un important jeu de chaises musicales

Le remaniement se caractérise également par une vaste redistribution des portefeuilles. Huit ministres changent de département tout en conservant la confiance du chef de l’État.

  • Ibrahima Kalil Condé quitte l’Administration du territoire pour devenir ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense nationale ;
  • Félix Lamah passe de l’Élevage à l’Agriculture ;
  • Alpha Bacar Barry quitte l’Éducation nationale pour prendre les rênes du ministère de l’Élevage ;
  • Fatima Camara est transférée de l’Industrie et du Commerce vers le ministère de la Pêche et de l’Économie maritime ;
  • Djami Diallo quitte l’Environnement et le Développement durable pour diriger le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ;
  • Aminata Kaba passe de l’Agriculture au ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité ;
  • Cellou Baldé, jusque-là ministre de la Jeunesse et des Sports, devient ministre des Sports ;
  • Fassou Théa quitte la Pêche et l’Économie maritime pour prendre la tête du ministère de l’Environnement et du Développement durable.

Trois nouveaux entrants

Le gouvernement accueille trois nouvelles personnalités, dont deux issues de l’administration publique guinéenne et une provenant du système des Nations unies.

  • Djenabou Touré, jusque-là directrice générale de la Direction générale des élections (DGE), est nommée ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Elle devient la première femme à occuper ce poste.
  • Aboubacar Kourouma, ancien secrétaire général du ministère de la Fonction publique, est promu ministre de l’Industrie et du Commerce.
  • Bintou Keita, fonctionnaire internationale et ancienne représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo, prend les commandes du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.

Le retour de Lansana Béa Diallo

Ancien ministre de la Jeunesse et des Sports entre 2021 et 2024, Lansana Béa Diallo signe son retour au sein de l’exécutif après plus de deux ans d’absence. L’ancien champion du monde de boxe IBF est nommé ministre de la Jeunesse, tandis que le portefeuille des Sports est désormais dissocié.

Deux départs

Ce premier remaniement met également fin aux fonctions gouvernementales de deux personnalités.

Il s’agit de Dre Diaka Sidibé, jusque-là ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et de Patricia Adeline Lamah, ministre de la Femme, de la Famille et de la Solidarité.

Ces deux figures féminines quittent ainsi le gouvernement après plusieurs mois passés au sein de l’exécutif.

Ce premier remaniement du gouvernement Bah Oury traduit une volonté de continuité, avec le maintien d’une large majorité des ministres, tout en apportant des ajustements stratégiques à travers plusieurs permutations de portefeuilles, l’arrivée de nouveaux profils et le retour de certaines personnalités politiques.

Sam Keita