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Daresalam 2 sous les décombres : l’éboulement de la décharge fait 30 morts et 22 blessés

Les habitants de Dar-es-Salam 2, dans la commune de Gbessia, se sont réveillés sous le choc et dans la consternation ce dimanche 23 août 2026. Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août, alors que les populations dormaient sous une pluie diluvienne qui s’abattait sur Conakry, la gigantesque décharge d’ordures a cédé, provoquant un éboulement meurtrier.

La masse d’ordures s’est déversée sur les habitations et les installations situées au pied de la décharge, ravageant tout sur son passage et ensevelissant plusieurs riverains. Le premier bilan provisoire communiqué par le gouvernement fait état de 30 morts et 22 blessés, dont six dans un état grave.

Le drame est survenu aux environs de 3 heures du matin, selon plusieurs témoignages. À cette heure de la nuit, les habitants de Dar-es-Salam 2 étaient plongés dans un sommeil profond, tandis qu’une pluie diluvienne s’abattait sur la capitale guinéenne.

Selon les témoignages recueillis après le drame, la plupart des victimes seraient des trieurs d’ordures dont la survie dépend de l’activité exercée autour de la décharge.

Parmi eux figureraient également des ressortissants étrangers, notamment des Sierra-Léonais. Récemment déguerpis, leurs baraques ayant été démolies, certains auraient continué à fréquenter les abords de la décharge, installant chaque jour des tentes de fortune au pied de cette montagne d’ordures pour y passer la nuit.

Malgré le danger permanent auquel ils étaient exposés, ces occupants auraient continué à vivre sur ce site, faute d’alternative.

La nuit du drame, ils étaient encore nombreux sous leurs tentes de fortune lorsque la catastrophe s’est produite.

Selon certains témoignages, un premier glissement d’ordures, de faible ampleur, aurait été observé avant l’éboulement principal. Une première alerte qui aurait toutefois été négligée par certains occupants, tandis que d’autres seraient restés sur place parce qu’ils n’avaient tout simplement nulle part où aller.

Puis, aux environs de 3 heures du matin, la monstrueuse montagne d’ordures s’est déchaînée.

Dans un fracas impressionnant, une importante masse de déchets s’est détachée avant de déferler vers les habitations. Plusieurs personnes se sont retrouvées englouties sous des tonnes d’ordures et de débris. Des habitations ont été ravagées et plusieurs familles ont été brutalement plongées dans le deuil.

Alertés, les services de la Protection civile, la Croix-Rouge, la police ainsi que génie militaire se sont rapidement rendus sur les lieux pour tenter de secourir d’éventuels survivants.

Des pelleteuses ont été acheminées sur le site afin de procéder au déblaiement et de faciliter les recherches. Les opérations de secours ont permis d’extraire plusieurs corps des décombres.

À ce stade, le gouvernement fait état d’un bilan provisoire de 30 morts et 22 blessés, dont six cas graves. Les recherches se poursuivent et le bilan pourrait encore évoluer.

Face à l’ampleur du drame, les personnes ayant survécu à l’éboulement et ayant perdu leurs habitations ont été évacuées vers l’école primaire de Dixinn Centre, retenue comme centre d’hébergement temporaire.

À Dar-es-Salam 2, l’heure est désormais au deuil, à la recherche des disparus et à la prise en charge des survivants. Au lendemain de cette catastrophe, les images de cette montagne d’ordures éventrée et des habitations dévastées témoignent de l’ampleur du drame qui vient de frapper ce quartier de Conakry.

Touraman Keita