Éboulement de la décharge de Dar-es-Salam : la famille Kallo (presque) entièrement décimée par les ordures
Kallo ! Ce nom, devenu tristement célèbre à la suite de l’éboulement de la décharge de Dar-es-Salam 2, dans la commune de Gbéssia, restera à jamais gravé dans la mémoire des habitants de ce quartier.
Ciré Kallo, mère de famille, affirme avoir perdu cinq de ses enfants, âgés de 4 à 40 ans, dans l’éboulement survenu dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026.
Depuis trois heures du matin, elle dit avoir perdu tout contact avec eux. Dans un témoignage particulièrement poignant, la mère, inconsolable, répétait frénétiquement leurs prénoms : « Yaya ! M’mah ! Fanta ! Issiaga ! Younoussa ! », avant de fondre en sanglots.
La veille du drame, alors qu’elle se trouvait à Gbessia et que ses enfants étaient restés à Dar-es-Salam, Ciré Kallo, poussée par son instinct maternel, avait tenté de les joindre. Vers 3 heures du matin, inquiète face aux fortes pluies qui s’abattaient sur la capitale, elle aurait appelé son fils Yaya pour lui demander de quitter les lieux et de se mettre à l’abri.
Selon son récit, son fils lui aurait expliqué qu’il ne pouvait pas, pour le moment, donner suite à cette demande en raison de difficultés financières. Consciente de sa situation, la mère n’aurait pas insisté, tout en lui proposant d’en reparler plus tard.
Avant de mettre fin à leur conversation, elle lui aurait envoyé de l’argent via Orange Money afin que ses enfants puissent dîner avant d’aller se coucher.
Cet échange téléphonique pourrait avoir été le dernier contact de cette mère avec ses enfants.
Au petit matin, aucun d’eux ne répondait à ses appels.
« Le compost a mangé mes enfants ! », aurait-elle crié, affolée par la disparition brutale de ses progénitures.
Derrière le drame de la décharge de Dar-es-Salam 2, c’est donc une famille entière qui se retrouve plongée dans l’angoisse et le deuil. Le témoignage de Dame Kallo illustre, avec une violence particulière, l’ampleur du drame provoqué par l’éboulement de cette montagne d’ordures.
À Dar-es-Salam, la catastrophe a laissé derrière elle des familles endeuillées, des proches à la recherche des leurs et une population encore sous le choc.
Mamady K